ÉTATS-UNIS

Washington va pouvoir punir les cybercriminels, même à l'étranger

Washington va pouvoir geler les actifs financiers et saisir les biens de cybercriminels dans le collimateur américain.
Washington va pouvoir geler les actifs financiers et saisir les biens de cybercriminels dans le collimateur américain. Thinkstock

Le président américain Barack Obama a annoncé, mercredi, que les États-Unis pourraient dorénavant imposer des sanctions financières aux cybercriminels, même lorsque ceux-ci ne se trouvent pas sur le sol américain.

Publicité

Washington a décidé de hausser le ton contre les cybercriminels les plus dangereux. Le président américain Barack Obama a annoncé, mercredi 1 er avril, la création d'un nouvel organisme qui pourrait imposer des sanctions contre des pirates informatiques opérant même depuis l'étranger.

"Les cyber-menaces représentent l'un des plus graves problèmes économiques et de sécurité nationale pour les États-Unis, et mon administration mène une vaste stratégie pour les régler", a affirmé le chef de l'exécutif américain.
 
Gel des actifs financiers et saisie des biens
 
L'idée de cette nouvelle mesure est de permettre aux autorités d'ordonner le gel des actifs financiers et la saisie des biens de cybercriminels dans le collimateur américain. Les individus ainsi visés peuvent se voir refuser des visas pour entrer aux États-Unis s'ils sont étrangers. Ces sanctions rappellent celles en vigueur à l'encontre de personnes soutenant ou appartenant à des mouvements terroristes.
 
"Le message est que le temps où les cybercriminels pouvaient se sentir en sécurité de l'autre côté d'une frontière est révolu", assure au "Washington Post" un responsable américain sous couvert d'anonymat.
 
Mais les États-Unis ne vont pas se mettre du jour au lendemain à chasser tous les pirates informatiques qui passent. Ces mesures ne seront applicables que si "la sécurité nationale ou l'intégrité économique du pays" est en jeu.
Les attaques informatiques contre les infrastructures, l'espionnage industriel ou encore les cyberopérations qui perturberaient les réseaux informatiques les plus importants (comme celui des banques) sont les principaux cas de figure qui impliqueraient une mise en œuvre de ce nouveau système de sanctions individuelles.
 
Contre le cyberespionnage chinois
 
Ce nouvel arsenal d'armes contre les cybercriminels est adopté moins de trois mois après le retentissant piratage de Sony Picture. Fin 2014, l'administration américaine avait accusé la Corée du Nord d'être le maître d'œuvre de cette attaque qui avait exposé les données personnelles - dont les conversations électroniques - d'un grand nombre de salariés du groupe. Dorénavant, Washington pourrait cibler directement  sur le sol américain les actifs des personnes et groupes liés à cette attaque.
 
Mais ces mesures pourraient s'avérer particulièrement efficaces contre le cyberespionnage chinois, d'après James A. Lewis, un expert en cybersécurité au Centre américain d'études internationales et stratégiques, interrogé par le Washington Post.
En mai 2014, la justice américaine avait, pour la première fois, condamné plusieurs militaires chinois pour des actes de cyberespionnage. Le geste était fort... symboliquement. Les autorités ne pouvaient, concrètement, pas agir contre ces pirates qui opéraient depuis la Chine. Dorénavant, Washington pourra sévir financièrement.

 

 

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine