DIPLOMATIE

Nucléaire iranien : poursuite des négociations, toujours pas d'accord à l'horizon

Le secrétaire d'État américain John Kerry a annoncé qu'il resterait à Lausanne au moins jusqu'à jeudi matin.
Le secrétaire d'État américain John Kerry a annoncé qu'il resterait à Lausanne au moins jusqu'à jeudi matin. Fabrice Coffrini, AFP

Les négociations sur le nucléaire iranien doivent se poursuivre à Lausanne, jeudi, alors que le délai pour trouver un accord a expiré mardi soir. Les mêmes points d'achoppement subsistent.

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Il y a des avancées. C'est ce qui motive les négociateurs qui tentent de trouver une solution à l'épineuse question du nucléaire iranien, à poursuivre les discussions  jeudi 2 avril, malgré l'expiration de la date butoir.

Mais après une semaine de discussions "très difficiles, très compliquées" à Lausanne, maintenues sous pression par une date butoir (le 31 mars) désormais expirée, un sentiment de lassitude était perceptible chez certains négociateurs.

Il est temps pour nos partenaires de saisir le moment et l'opportunité

"Il est temps pour nos partenaires dans la négociation de saisir le moment et l'opportunité (d'un accord) qui ne se répètera peut-être pas", a ainsi déclaré mercredi soir le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif.

De leur côté, plusieurs diplomates occidentaux, au cours des dernières heures, ont exhorté Téhéran à "prendre les décisions", certains jugeant qu'il était temps "de dire oui ou de dire non".

Cela n'a pas empêché le secrétaire d'État américain, John Kerry, de faire annoncer qu'il resterait à Lausanne "au moins jusqu'à jeudi matin".

"Nous continuons à faire des progrès, mais nous n'avons pas encore atteint un compromis politique. M. Kerry va donc rester à Lausanne au moins jusqu'à jeudi matin pour continuer les négociations", a indiqué sa porte-parole.

De son côté, le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, est retourné mercredi soir à Lausanne. Il était rentré à Paris mercredi matin.

Mêmes points d'achoppement

Les discussions achoppent toujours sur les mêmes points, même si des avancées existent selon des diplomates occidentaux et iraniens.

Ces deux points sont : les sanctions, et la recherche et le développement permettant à l'Iran de développer des centrifugeuses plus performantes.

Les centrifugeuses permettent d'enrichir l'uranium et cette question est au cœur du problème. Enrichi à 90%, l'uranium est destiné à la fabrication d'une bombe atomique, et la communauté internationale soupçonne Téhéran de vouloir acquérir cette arme, ce que l'Iran a toujours démenti.

Les grandes puissances, dit P5+1 (États-Unis, Grande-Bretagne, France, Russie, Chine + Allemagne) veulent donc brider le programme nucléaire iranien et le contrôler étroitement pour s'assurer que Téhéran ne se dotera jamais de la bombe, en échange d'une levée des sanctions internationales qui étranglent son économie.

Ce dernier point pose aussi problème. L'Iran est soumis à un régime strict de sanctions américaines, européennes, et surtout onusiennes.

"Ils veulent savoir précisément comment elles seront suspendues, abrogées, dans quel ordre, lesquelles...", a expliqué un diplomate du P5+1.

La levée – progressive ou immédiate – des sanctions, la façon de les réimposer en cas de violation de ses engagements par l'Iran sont également discutées au sein du P5+1, où Russes et Chinois, traditionnellement hostiles aux sanctions, sont plus disposés à les alléger rapidement que d'autres (États-Unis, France). "Mais ça ne remet pas en cause la dynamique de la négociation et la solidarité du groupe des grandes puissances", a assuré cette source.

Avec AFP et REUTERS

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