TURQUIE

Turquie : 22 étudiants interpellés après la prise d'otage meurtrière d'Istanbul

Des policiers turques après le meurtre d'un magistrat le 30 mars 2015 à Istanbul
Des policiers turques après le meurtre d'un magistrat le 30 mars 2015 à Istanbul Ozan Kose /AFP

La police turque a procédé mercredi 1er avril à l'arrestation de 22 de étudiants, soupçonnés d'entretenir des liens avec le groupe clandestin d'extrême gauche responsable de la prise d'otage qui s'est soldée la veille par la mort d'un magistrat.

Publicité

C’est un véritable coup de filet que la police turque a mené mercredi 1er avril dans les rangs du groupe clandestin d'extrême gauche à l'origine de la prise d'otage qui s'est soldée la veille par la mort d'un magistrat et des deux militants.

Dans la ville d'Antalya (sud), les forces de l'ordre ont en effet interpellé 22 étudiants soupçonnés de liens avec le Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C), qui a revendiqué la prise d'otage de mardi.

D’autres opérations prévues ?

Le chef de la police d'Istanbul Selami Altinok a justifié l'intervention de ses hommes en expliquant qu'elle avait été provoquée par des coups de feu tirés dans la pièce où les deux militants, âgés d'une vingtaine d'années, retenaient leur otage.

Selon l'agence de presse Dogan, la police a lancé son raid après avoir reçu des renseignements laissant penser que le DHKP-C préparait d'autres opérations similaires à celle menée au palais de justice d'Istanbul. Des soupçons démentis à Dogan par l'un des avocat des étudiants interpellés.

Les unités spéciales des forces de l'ordre sont intervenues mardi soir contre deux militants armés proches de ce groupe marxiste, connu pour de nombreux attentats commis en Turquie depuis les années 1990, qui retenaient depuis plusieurs heures un magistrat et menaçaient de le tuer.

Les deux preneurs d'otage ont été tués lors de l'opération et le procureur Mehmet Selim Kiraz est décédé deux heures plus tard à l'hôpital, atteint de plusieurs balles à la tête et à la poitrine dans des circonstances qui restent à éclaircir.

Berkin Elvan, "martyr" pour les uns, "terroriste" pour d’autres

Ce magistrat enquêtait sur les circonstances de la mort de Berkin Elvan, un adolescent mort le 11 mars 2014 après 269 jours d'un coma provoqué par le tir d'une grenade lacrymogène de la police à Istanbul lors d'une manifestation en juin 2013.

Un hommage lui a été rendu mercredi matin au palais de justice de Caglayan, sur la rive européenne de la mégapole turque, devant des centaines de ses collègues magistrats et avocats. "Nous ne t'oublierons pas, toi notre martyr", proclamait une large bannière déployée au cœur de l'immense bâtiment.

Le cas de Berkin Elvan est devenu un symbole de la violente répression exercée par le pouvoir en 2013, et de la dérive autoritaire que lui reprochent ses détracteurs. M. Erdogan l'avait publiquement qualifié de "terroriste".

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine