DIPLOMATIE

Nucléaire iranien : nouvelle nuit blanche de discussions à Lausanne

Laurent Fabius est arrivé en urgence dans la nuit du mercredi 1er avril au jeudi 2 avril 2015 à Lausanne, pour la poursuite des discussions sur le nucléaire iranien.
Laurent Fabius est arrivé en urgence dans la nuit du mercredi 1er avril au jeudi 2 avril 2015 à Lausanne, pour la poursuite des discussions sur le nucléaire iranien. Capture d'écran France 24

Au huitième jour d'un marathon diplomatique harassant, les négociations sur le nucléaire iranien sont dans "les derniers mètres", a indiqué Laurent Fabius mercredi soir. Les pourparlers se poursuivaient jeudi matin après une nuit blanche.

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Le marathon diplomatique entre les grandes puissances et l'Iran s'est poursuivi jeudi 2 avril au matin à Lausanne après une nouvelle nuit blanche pour parvenir à un compromis sur le nucléaire iranien. Le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, s’est joint en urgence au ballet diplomatique dans la nuit de mercredi à jeudi.

"On est à quelques mètres de l'arrivée, quelques dizaines de mètres, mais on sait aussi que ce sont toujours les plus difficiles", a déclaré mercredi soir Laurent Fabius en arrivant à Lausanne peu avant minuit. "L'enjeu est très important car il s'agit de la lutte contre la prolifération nucléaire et d'une certaine manière de la réintégration de l'Iran dans la communauté internationale", a-t-il estimé.

L’arrivée des ministres mercredi soir très tard "permet de dire que les négociateurs ont réussi à dégrossir suffisamment le terrain", explique Antoine Mariotti, envoyé spécial de France 24 à Lausanne, après avoir interrogé une source diplomatique. La présence des ministres est désormais nécessaire "pour les derniers arbitrages, poursuit-il. Cela ne veut pas dire pour autant que l’on a un accord à coup sûr. Il y a encore probablement des choix douloureux, que les directeurs politiques ne peuvent pas faire eux-mêmes. Les ministres, dont Laurent Fabius, vont donc devoir les faire. Mais le signal reste assez positif."

L'Iran et le groupe dit du "P5+1" (États-Unis, Grande-Bretagne, France, Chine, Russie et Allemagne) négocient depuis huit jours maintenant pour tenter de parvenir à un projet d'accord fondamental sur le nucléaire, permettant d'aller vers la conclusion d'un texte final d'ici au 30 juin.

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La communauté internationale veut brider le programme nucléaire iranien et le contrôler étroitement pour s'assurer que Téhéran ne se dotera jamais de la bombe atomique, en échange d'une levée des sanctions internationales qui étranglent son économie.

>> À lire sur France 24 : Nucléaire iranien : poursuite des négociations, toujours pas d'accord à l'horizon

"Saisir le moment et l'opportunité"

Toute la nuit, les discussions se sont enchaînées. "Ça va, ça vient. Les diplomates passent d’une pièce à l’autre, ils se rencontrent à deux, à trois, en bilatéral, avec le groupe des 5+1, avec l’Iran en plénière, ça n’arrête pas…", décrit Antoine Mariotti. Les pourparlers ont été intenses, ils ont concerné non seulement les experts, mais aussi les hauts diplomates des différentes délégations, et les chefs de la diplomatie américaine et iranienne, John Kerry et Mohammad Javad Zarif, qui ont cumulé quatre heures d'entretiens dans la nuit. "Ça continue à tout les niveaux", a indiqué une source occidentale. Au petit matin, le ministre iranien Mohammad Javad Zarif est apparu lors d'une pause. "Nous bougeons", a-t-il déclaré sans donner plus de précisions.

Mercredi soir, il avait exhorté les grandes puissances à "saisir le moment et l'opportunité [d'un accord] qui ne se répétera peut-être pas". L'Iran, selon Zarif, a montré qu'il souhaitait "un accord" avec le monde, ajoutant qu'il n'accepterait pas "d'être soumis à la force et à des exigences excessives".

Après un an et demi de tractations acharnées, de Genève à Lausanne, en passant par Vienne et New York, les discussions butent toujours sur les mêmes problèmes, selon des diplomates occidentaux et iraniens. Tous ne s’accordent pas à lever les sanctions, dont Téhéran réclame la suppression rapide dès la conclusion d'un éventuel accord. L'autre difficulté concerne la recherche et le développement permettant à l'Iran de développer des centrifugeuses plus performantes.

Avec AFP

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