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Kenya : les assaillants de l'université ont agi avec méthode et sarcasme

Plus de 140 personnes sont mortes lors de l'attaque de l'université de Garissa, au Kenya, jeudi 2 avril.
Plus de 140 personnes sont mortes lors de l'attaque de l'université de Garissa, au Kenya, jeudi 2 avril. Carl de Souza, AFP

Les récits des survivants de l'attaque jeudi de l'université de Garissa, au Kenya, témoignent de l'excellente préparation des assaillants, mais aussi de leur sarcasme et de la volonté de viser en priorité les étudiants chrétiens.

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Helen Titus, 21 ans, est étudiante en littérature anglaise à l'université de Garissa, au Kenya. Jeudi 2 avril, elle a assisté à la terrible attaque des islamistes somaliens shebab. Blessée au poignet, elle a raconté à Associated Press, depuis l'hôpital de Garissa, l'horreur qu’elle a vécu.

Selon la jeune fille, lorsque les assaillants ont fait irruption sur le campus jeudi matin, ils savaient parfaitement ce qu'ils avaient à faire. "Ils avaient mené leurs investigations. Ils savaient tout", raconte Helen. Le mode d’attaque des islamistes confirme les propos de l'étudiante.

Tôt jeudi matin, les étudiants chrétiens de Garissa étaient en train de faire leur prière dans une salle de lecture. À peine arrivés, les combattants extrémistes se sont dirigés vers cet endroit. Helen s'y trouvait, elle s'est barbouillée le visage du sang de ses camarades tués afin de passer pour morte.

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Amuna Geoffreys, un autre étudiant survivant, était lui aussi en train de prier avec des chrétiens quand la fusillade a commencé. Il a couru se cacher dans un buisson, mais a pu entendre les terrifiantes menaces proférées par les assaillants.

"Les tueurs ordonnaient aux gens d'appeler chez eux pour dire : 'Nous mourons parce que Uhuru [Kenyatta, le président kényan] persiste à rester en Somalie'", détaille le jeune homme. "Après avoir appelé leurs parents, ils étaient tués, et puis c'était le silence."

>> À lire sur France 24 : "Un haut responsable shebab s'est rendu aux autorités somaliennes"

Salias Omosa, un étudiant de 20 ans, décrit des hommes "littéralement amusés" et qui ont, dès leur arrivée, séparé les musulmans des non musulmans en fonction de leurs habits. Hébergé dans un camp militaire proche de l'université, le jeune homme traumatisé rapporte que les assaillants criaient en swahili : "Nous ne craignons pas la mort, cela va être de bonnes vacances de Pâques pour nous", avant de tirer des coups de feu.

"J'ai vu beaucoup de choses, mais jamais rien de tel"

Il raconte avoir réussi à s'échapper après avoir vu deux de ses amis se faire tuer. Selon lui, les assaillants, affiliés à Al-Qaïda, portaient des masques et des vêtements militaires.

"J'ai vu beaucoup de choses, mais jamais rien de tel, renchérit Reuben Nyaora, un infirmier travaillant pour l'ONG International Rescue Committee (IRC). Il y avait des corps partout, qui avaient été exécutés alignés, nous avons vu des gens dont les têtes ont été soufflées, avec des blessures par balles partout, le tout dans un désordre effroyable."

Encore sous le choc, ce Kényan de 32 ans a apporté les premiers soins aux militaires blessés, puis est entré dans les couloirs de l’université. "Ce que nous avons vu était bien trop horrible pour être imaginé, et pourtant nous l'avons vu."

"Tout le monde avait l'air mort, mais alors que nous parlions, des étudiants qui se cachaient depuis des heures sont sortis, certains de placards, d'autres du plafond", dit-il encore. D'autres, qui s'étaient couchés parmi les morts, se sont levés, couverts de sang.

"Les femmes ont dit que les assaillants criaient en swahili, en même temps qu'ils tiraient sur les hommes : 'Nous sommes venus pour tuer et pour être tués', poursuit-il. Puis ils ont dit aux femmes de nager dans le sang", comme pour se moquer d'elles, avant de partir en les ignorant.

Le président américain, Barack Obama, a appelé son homologue kényan Uhuru Kenyatta pour lui apporter son soutien face au "fléau du terrorisme". "Je connais l'extraordinaire ténacité du peuple kényan", a indiqué le chef de l’État américain dans un communiqué, évoquant la terre natale de son père où il doit se rendre en juillet.

Avec AFP et AP

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