Accéder au contenu principal

Les députés votent l’interdiction de mannequins trop maigres

Un mannequin lors des défilés de prêt-à-porter printemps/été 2007 à Paris.
Un mannequin lors des défilés de prêt-à-porter printemps/été 2007 à Paris. François Guillot, AFP

L'Assemblée a lancé vendredi une offensive contre la valorisation de l’anorexie. Dans la ligne de mire des députés : la mise en avant de mannequins trop maigres et les photographies de top models retouchées.

Publicité

L'Assemblée nationale a voté vendredi 3 avril deux amendements visant à lutter contre la valorisation de l'anorexie et les comportements pouvant y inciter. Le texte interdira désormais l'emploi de mannequins trop maigres et rendra obligatoire la mention "photographie retouchée" en cas d'apparence corporelle modifiée sur certaines photographies.

L'exercice d'une activité de mannequin sera interdit à toute personne dont l'indice de masse corporelle sera inférieur à des niveaux définis sur proposition de la Haute Autorité de santé.

Par ailleurs, toute personne exploitant une agence de mannequins, ou recourant moyennant rémunération à un mannequin, qui ne veillera pas "au respect de l'interdiction" pourra encourir un emprisonnement de six mois et une amende de 75 000 euros.

L'Assemblée avait déjà voté dans la nuit de mercredi à jeudi la création d'un délit d'incitation à la maigreur excessive, visant notamment les sites internet "pro-ana" (pro-anorexie). Cette infraction sera punissable d'un an de prison et 10 000 euros d'amende.

>> À lire sur France 24 : "Mode de "l’écart entre les cuisses", les internautes contre-attaquent"

Ces amendements à la loi santé de Marisol Touraine avait été déposé le 16 mars par le député socialiste Olivier Véran, neurologue de profession. "L'impact social de cette image que véhicule la mode, où des femmes doivent être maigres à un niveau pathologique pour être belles et défiler, est très fort", avait-il alors assuré.

"On va exiger que les mannequins restent en bonne santé"

Un autre amendement socialiste adopté prévoit la mention obligatoire "photographie retouchée" pour les photos à usage commercial de mannequins dont l'apparence corporelle a été modifiée par logiciel "afin d'affiner ou d'épaissir" sa silhouette, les mannequins étant parfois trop maigres.

>> À lire sur France 24 : "La mode signe une charte contre l'anorexie"

Ne pas respecter cette mesure sera puni d'une amende de 37 500 euros, son montant pouvant être porté à 30% des dépenses consacrées à la publicité. Toutes les retouches ne sont donc pas concernées, les photos d'art par exemple étant épargnées.

"La perspective de [la] sanction aura un effet régulateur sur l'ensemble du secteur", a estimé Olivier Véran, selon qui l'Espagne, l'Italie et Israël ont pris des mesures similaires. "On ne va pas exiger que les mannequins ne soient plus minces mais on va exiger qu’ils ne soient pas dénutris et qu’ils restent en bonne santé", a précisé le rapporteur sur BFMTV.

>> À lire sur France 24 : "Je suis au seuil de la mort, mais j'aime mon corps tel qu'il est"

Il a lu en séance une lettre d'un top model, dont il n'a pas révélé le nom, se disant "choquée" qu'aucune mesure ne soit prise en France alors que les agences félicitent celles qui perdent du poids et recommandent d'utiliser des laxatifs. Ce mannequin pesant "moins de 45 kg pour 1,80 mètre" y racontait aussi avoir vu une collègue succomber sous ses yeux à un arrêt cardiaque à la sortie d'un défilé, s'étant laissée "mourir de faim".

Entre 30 et 40 000 personnes, des adolescentes dans 90% des cas, souffrent d'anorexie mentale en France, une des pathologies psychiatriques ayant la plus forte mortalité.

Avec AFP
 

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.