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Coup d'État manqué en Gambie : trois soldats condamnés à mort

Le président Yahya Jammeh, à la tribune de l'ONU en septembre 2014.
Le président Yahya Jammeh, à la tribune de l'ONU en septembre 2014. Don Emmert, AFP

Six soldats soupçonnés d'être impliqués dans le coup d'État manqué de décembre 2014 en Gambie, ont été jugés en secret et condamnés lundi 30 mars par une cour martiale, trois d'entre eux à la peine de mort.

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Ils se nomment Modou Njie, Saikou Jarju et Lamin Sanneh. Ces trois soldats, accusés d'être impliqués dans un coup d'État manqué fin décembre 2014 en Gambie, ont été jugés dans le plus grand secret et condamnés à mort lundi 30 mars. Médias et observateurs internationaux n’ont pas été informés de la procédure.

Leur procès a eu lieu devant un tribunal militaire, selon le bureau de Dakar d'Amnesty International, en charge de l'Afrique de l'Ouest. L'information a été confirmée à l'AFP par des militaires gambiens sous couvert d'anonymat. Trois autres soldats, Abdoulie Jobe, Amadu Sow et Buba Bojang, ont été condamnés à la prison à vie.

Amnesty a indiqué qu’il était "possible que les soldats aient été déclarés coupables de trahison, de conspiration, de mutinerie et d'aide à l'ennemi".

L'ONG réclame que les peines de mort soient commuées en peine d'emprisonnement et qu'un nouveau procés "respectant les normes internationales" soit organisé. Des inquiétudes partagées par le représentant du Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme, Rupert Colville, qui a exprimé ses "doutes sur le respect des droits de la défense".

L'introuvable moratoire sur la peine de mort

Si ces exécutions sont confirmées, il s'agirait des premières ayant lieu en Gambie depuis septembre 2012. A cette date, neuf personnes, dont une femme sénégalaise, accusées de complot contre l’État, de trafic de drogue, ou d'assassinat, avait été exécutées. 

Après ces exécutions, le président Yayha Jammeh avait annoncé, sous la pression d’organisations internationales, un moratoire "conditionnel" sur la peine de mort, officiellement rétablie par la Constitution de 1997. Le moratoire devait être immédiatement levé si le taux de criminalité augmentait.

Contacté par France 24, un membre d’une organisation de défense des droits de l’Homme, qui a requis l'anonymat, explique être "choqué mais pas surpris" par ces annonces.

"Le moratoire n'était que de la poudre aux yeux, le président avait clairement annoncé après le coup d’État qu'il se débarrasserait des assaillants un par un. Cette cour martiale était comme un tribunal fantoche pour que Jammeh puisse montrer qu'il décide de vie ou de mort sur quiconque tente de l'attaquer", explique t-il.

>> À lire sur France 24 : "Des dizaines d'arrestations après le coup d'État manqué en Gambie"

Les condamnations à mort prononcées lundi 30 mars interviennent après une série de mesures régressives adoptées par les autorités gambiennes.

En janvier, au moins 30 proches de personnes accusées d'avoir pris part à la tentative de coup d’État ont été incarcérés sans inculpation, et privés de la possibilité de s’entretenir avec des avocats et leur famille.

"Beaucoup ont été remis en liberté depuis lors, mais un certain nombre sont toujours détenus au secret trois mois plus tard", explique le défenseur des droits de l'Homme contacté par France24.

Avec AFP

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