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Accord sur le nucléaire : les Iraniens entre euphorie et expectative

Mohammad Javad Zarif, le ministre des Affaires étrangères, a été accueilli en héros, vendredi 3 avril à Téhéran.
Mohammad Javad Zarif, le ministre des Affaires étrangères, a été accueilli en héros, vendredi 3 avril à Téhéran. Borna Ghasemi, Isna, AFP

La délégation iranienne en charge des négociations sur le nucléaire à Lausanne a été acclamée par la foule vendredi, à son retour à Téhéran. L'accord-cadre est globalement bien accueilli par les Iraniens, malgré quelques bémols.

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Accueillis comme des rock stars. L'équipe des négociateurs iraniens, le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif en tête, a été vivement applaudie à son retour à Téhéran vendredi 3 avril, au lendemain de l'annonce à Lausanne, en Suisse, d'un accord-cadre historique avec les grandes puissances mondiales sur le programme nucléaire du pays.

À la télévision iranienne, l'accord a été décrit par le président Hassan Rohani, comme la "reconnaissance à l'Iran du droit à l'enrichissement d'uranium" et comme un pas pour la "coopération de l'Iran avec le monde, [sans qu’il ait] à choisir entre le combat et la reddition".

La délégation des négociateurs iraniens arrive à Téhéran

Pour les sceptiques, "trop de concessions"

L'accord a été bien accueilli, même au sommet de l'État, comme on a pu le constater sur la Radio-télévision de la République islamique d'Iran(IRIB 2). Pour commenter les négociations, la chaîne, d'habitude très critique envers le président réformateur Rohani, a invité Sadegh Kharrazi, l'ancien ambassadeur d'Iran en France, considéré lui aussi comme un réformateur. Ce dernier a salué, à une heure de grande écoute, des négociations qui donnent aux Iraniens le "droit à une activité nucléaire pacifiste" ou encore celui de "conserver un chiffre substantiel de centrifugeuses", à savoir 6 000 contre 19 000 actuellement.

La nouvelle ne fait pas pour autant l'unanimité auprès des éditorialistes iraniens, notamment les plus conservateurs. Le rédacteur en chef du journal"Kayhan", Hossein Shariatmadari, a par exemple affirmé que l'accord-cadre était comparable à un "cheval qui avait une selle, et qu'on vient d'équiper d'un harnais en mauvais état". Pour le journaliste, le texte serait défavorable à l'Iran car le ministre des Affaires étrangères aurait fait "trop de concessions". Notamment celle de ne pas créer de nouveaux sites d'enrichissement.

Des Iraniens célèbrent l'accord devant le ministère de l'Intérieur à Téhéran

Dans les rues et sur Twitter, la joie des Iraniens

À Téhéran, l'accord a été accueilli par des scènes de liesse dès jeudi soir. Une partie de la grande avenue Vali Asr, qui traverse la capitale iranienne, était bloquée par une longue file de voitures qui klaxonnaient. Des piétons chantaient et dansaient sur la chaussée en faisant le V de la victoire et en agitant des mouchoirs blancs.

De nombreux Iraniens ont également témoigné sur Twitter de leur reconnaissance envers le président américain Barack Obama et son secrétaire d'État John Kerry, qu'ils considèrent être à l'origine de cet accord :

Les Iraniens remercient Obama et Kerry sur les réseaux sociaux

IRAN – USA L’élan d’affection des Iraniens pour Obama et KerryEn joie après l’annonce d’un accord sur le nucléaire,...

Posted by Les Observateurs de France 24 on vendredi 3 avril 2015

Le troisième camp, celui des prudents

La majorité des Iraniens, dans les médias comme sur les réseaux sociaux, estiment que cet accord-cadre va dans le bon sens. Le compromis obtenu n'est toutefois qu’une étape, car tous détails techniques de ce dossier seront discutés avant d'être gravés dans le marbre. L'accord définitif doit encore être rédigé dans les moindres détails d'ici au 30 juin prochain, afin de valider la levée des sanctions internationales contre l'Iran.

En attendant et après l'euphorie, un troisième camp semble gagner du terrain : celui des "prudents". Lors de la traditionnelle prière du vendredi, l'ayatollah Mohammed Emami-Kashani a remercié Mohammad Javad Zarif et évoqué le "bon chemin parcouru", tout en appelant à la vigilance des fidèles quant à la finalisation de l'accord.

Le président Hassan Rohani a abondé dans ce sens vendredi, en estimant que l'accord "tiendrait" si, et seulement si, "les deux parties respectent leurs promesses". Une façon pour le chef de l'État de rappeler qu'il reste une étape pour que soit honorée la promesse qu’il a faite, lors de son élection en 2013, au peuple iranien de le sortir de l'isolement international.

La déclaration de Rohani après l'accord-cadre

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