UKRAINE

Un an après le début du conflit en Ukraine, Poutine au top de sa popularité

François Hollande, le président ukrainien Petro Porochenko, son homologue biélorusse, Alexandre Loukachenko et Vladimir Poutine se sont rencontrés le 11 février à Minsk pour tenter de trouver une solution au conflit ukrainien.
François Hollande, le président ukrainien Petro Porochenko, son homologue biélorusse, Alexandre Loukachenko et Vladimir Poutine se sont rencontrés le 11 février à Minsk pour tenter de trouver une solution au conflit ukrainien. Maxim Malinovsky, AFP

Le 6 avril 2014, des militants pro-russes s'emparaient de bâtiments officiels dans l'est de l'Ukraine. Un an après le début de ce conflit, le président russe Vladimir Poutine semble s'imposer comme le vainqueur, à en juger par sa forte popularité.

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"On s’engage puis on voit." Selon Konstantine Kalatchev, directeur du Groupe d'expertise politique russe, Vladimir Poutine s’est approprié la devise de Napoléon au sujet de l’Ukraine. Le président russe a fait le pari de s’engager dans un conflit qui se déroulait à sa porte et, à en juger par sa popularité actuelle auprès des Russes, l’homme fort du Kremlin semble sortir gagnant de cette épreuve. Selon un récent sondage du centre indépendant Levada, 72 % des Russes approuvent les actions de Vladimir Poutine en tant que président et 57 % (le double par rapport à décembre 2013) aimeraient qu'il brigue un quatrième mandat en 2018.

En apportant son soutien aux rebelles ukrainiens, qui refusent depuis un an de reconnaître les nouvelles autorités pro-occidentales de Kiev issues de la révolution de Maïdan, Vladimir Poutine a pris un risque majeur qui a valu à la Russie une série de sanctions européennes et américaines, mais il a réussi de facto à éloigner les perspectives pour Kiev d'intégration à l'Otan, punissant ainsi les autorités pro-occidentales pour avoir tourné le dos à Moscou.

Marioupol, nouveau point stratégique

Pour tenter de mettre fin au conflit qui a déjà fait 6 000 morts et 1 600 000 déplacés, François Hollande, la chancelière allemande Angela Merkel, le président ukrainien, Petro Porochenko et Vladimir Poutine, se rencontrent une première fois à Minsk, en Biélorussie, en septembre 2014. Les quatre dirigeants tombent d’accord sur les conditions d’un cessez-le feu mais celui-ci ne sera jamais respecté.

Il faut attendre les accords de Minsk 2, conclus en février 2015, pour qu’une nouvelle paix soit instaurée. Les armes se taisent pendant quelques heures mais rien n’empêche les séparatistes pro-russes de s’emparer à la mi-février de la ville de Debalsteve, stratégiquement située entre Lougansk et Donetsk. Les soldats ukrainiens doivent évacuer la ville après des semaines de siège. Depuis, la ligne de front est gelée.

>> À voir sur France 24 : "Vidéo : la débâcle de l'armée ukrainienne à Debaltseve"

Si la violence a globalement diminué dans le pays, James André, grand reporter à France 24, souligne que les observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont encore le plus grand mal à se déplacer dans le pays pour s’assurer que le cessez-le feu est respecté.

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Par ailleurs, l’armée ukrainienne continue à subir des pertes. Neuf soldats ont encore été tués les 4 et 5 avril dans deux explosions de mines distinctes dans les régions séparatistes.

Selon James André, Marioupol, dans le sud de l’Ukraine, pourrait désormais jouer un rôle décisif dans le conflit. La ville portuaire est toujours sous l’autorité de Kiev mais risque de subir une nouvelle attaque séparatiste "dans les semaines qui viennent".

Près de deux mois après Minsk 2, cela risquerait de saper tout le processus de paix. D'autant plus que, pour James André, les séparatistes pro-russes ont déjà été privilégiés par les accords signés en Biélorussie.

Avec AFP

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