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Les Taliban publient une biographie du mollah Omar pour contrer l’EI

Une des rares images du mollah Omar, prise en caméra cachée par la BBC en 1996 à Kandahar, avant l'assault de ses troupes talibanes sur Kaboul.
Une des rares images du mollah Omar, prise en caméra cachée par la BBC en 1996 à Kandahar, avant l'assault de ses troupes talibanes sur Kaboul. BBC Newsnight, AFP

Face à l'influence croissante de l'EI chez les combattants en Afghanistan, les Taliban ont tenu à faire savoir que le mollah Omar était encore en vie. Ils ont publié ce week-end une biographie élogieuse, truffée d'anecdotes sur leur chef historique.

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Les Taliban afghans ont créé la surprise ce week-end en publiant une biographie du mollah Omar. Un geste visant, selon des analystes, à contrer l'influence grandissante de l'organisation de l'État Islamique (EI) au sein de la mouvance jihadiste locale.

La biographie en anglais du dirigeant des Taliban, mise en ligne dimanche sur le site officiel des insurgés, marque le 19e anniversaire de la désignation du chef suprême des Taliban le 4 avril 1996 lors d'un rassemblement à Kandahar, dans le sud-ouest de l'Afghanistan.

Le mollah Omar ressuscité

Le texte présente le mollah Omar comme étant encore impliqué dans les "activités jihadistes", une façon pour les insurgés de faire taire les rumeurs locales selon lesquelles leur commandant borgne serait en fait décédé. Depuis plusieurs années, nul ne sait où il se cache, ni s'il est l'auteur des messages que diffusent les Taliban en son nom. "Cette annonce vise à montrer que le mollah Omar est vivant, qu'il se porte bien et qu'il a toujours le contrôle en tant que chef suprême des Taliban", explique Ahmed Sayedi, un spécialiste de la mouvance talibane.

Malgré le fait "qu'il soit sans cesse traqué par l'ennemi, aucun changement et aucune perturbation n'ont été observés dans sa routine de travail", souligne la biographie. "Il suit et supervise (...) les activités contre les cruels envahisseurs étrangers", ajoute le texte.

Amateur de lance-roquette doté d’un sens de l’humour

Dans la biographie écrite par les Taliban,  truffée d'anecdotes de combat, on apprend que le mollah Omar, surnommé le "mollah borgne", a perdu son œil droit dans un combat jihadiste contre les Russes entre 1983 et 1991. Autre anecdote sur le personnage, le RPG-7, un lance-grenades antichars de confection russe serait l’arme "préférée" du mystérieux mollah. Une information qui ne manquera pas d’intéresser les États-Unis si le chef taliban est encore en vie, car ils promettent jusqu'à dix millions de dollars pour des informations menant à sa capture.

Enfin le mollah Omar, présenté comme un combattant exceptionnel, est décrit par ses supporters talibans comme pieux, modeste et "naturellement silencieux", mais non moins doté d’un "sens de l’humour spécial", écrivent les auteurs, sans pour autant apporter d’exemple. Vivant dans le dénuement le plus total, le mollah Omar "ne possède pas de compte à l’étranger", précise également la biographie, qui relève plutôt de l’hagiographie.

Taliban vs État islamique

La publication surprise de ce portrait du mollah Omar "comporte plusieurs aspects stratégiques", selon Ahmed Sayedi. "Le plus important d'entre eux est de contrer Daech [acronyme arabe de l'organisation de l'État Islamique NDLR] ", à l'échelle locale, souligne le spécialiste.

Sur le terrain afghan et pakistanais, la concurrence pour les Taliban est réelle : les responsables afghans font état depuis quelques mois d'une progression de l'EI. Dans une vidéo diffusée en janvier sur des sites jihadistes, on pouvait voir des dizaines de talibans pakistanais renier leur "pacte d’allégeance" au mollah Omar pour se tourner vers Abou Bakr al-Baghdadi, le dirigeant de l’EI. Sur ce document, on les voit égorger un soldat pakistanais, une façon de sceller "leur pacte par le sang" pour participer à une surenchère de la terreur, explique le journaliste Jean-Pierre Perrin, qui a rapporté l’information dans le journal Libération.

D'après des responsables afghans, à un plus haut niveau hiérarchique, d'anciens commandants talibans, mécontents de leur direction actuelle, ont également plaidé allégeance à l’EI qui contrôle des territoires entiers de l'Irak et la Syrie.

Avec AFP

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