RELIGION

Dalil Boubakeur plaide pour le doublement du nombre de mosquées en France

La Grande Mosquée de Paris
La Grande Mosquée de Paris AFP

Le président du Conseil français du culte musulman et recteur de la mosquée de Paris a appelé samedi à doubler le nombre de mosquées en France d'ici deux ans, pour pallier le manque de lieux de culte pour les millions de musulmans de l'Hexagone.

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Doubler le nombre de mosquées sur le territoire français d'ici deux ans, c'est le souhait qu'a émis Dalil Boubakeur, samedi 4 avril. Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) s’exprimait lors du Rassemblement annuel des musulmans de France, organisé jusqu'à lundi au Bourget par l'Union des organisations islamiques de France (UOIF). "Nous avons 2 200 mosquées. Il en faut le double d'ici deux ans", a-t-il dit.

Les mosquées actuelles "ne suffisent pas" pour les "sept millions de musulmans" de France, a souligné le président du CFCM, alors que les estimations du nombre de musulmans en France varient de 4 à 5 millions. "Il y a beaucoup de salles de prières, de mosquées inachevées, et il y a beaucoup de mosquées qui ne sont pas construites, je pense qu'il faut le double de mosquées", a insisté celui qui est également recteur de la mosquée de Paris.

>> À lire sur France 24 : À la foire musulmane, l'UOIF entend véhiculer "un message de paix"

Plus de mosquées, plus d'imams formés

Le président du CFCM n'a pas précisé comment ces constructions pourraient être financées, un sujet sensible alors que le gouvernement cherche à éviter leur financement par des États étrangers. "Il faut que le nombre de mosquées reflète le nombre de musulmans (...) Nous avons le droit de construire des mosquées, (le droit) que les maires ne s'y opposent pas", a précisé son hôte, le président de l'UOIF, Amar Lasfar. "Il y a de moins en moins de maires qui s'opposent systématiquement à la construction de mosquées", s'est-il toutefois réjoui.

Dalil Boubakeur a également insisté sur la nécessaire formation des imams, annonçant avoir bon espoir d'aboutir bientôt à un accord avec "certaines universités parisiennes" pour le volet non-religieux de cette formation. Ces cours auraient pour objectif "de transmettre des connaissances de la France, de la loi, des traditions françaises à nos imams, pour qu'ils aient une formation complète, religieuse et républicaine", a-t-il ajouté. "Nous avons besoin d'une formation religieuse soutenue, acceptée et reconnue et nous devons faire tout pour que nos imams soient des modèles de paix et soient des modèles qui animent nos mosquées, qui sont des lieux de paix", a déclaré le président de l'instance qui représente le culte musulman en France.

Le Front national dénonce une "provocation"

Le porte-parole de la conférence des évêques de France, Mgr Ribadeau-Dumas, a jugé dimanche "légitime" la volonté du président du Conseil français du culte musulman de doubler le nombre de mosquées en France. "Les musulmans doivent, comme les chrétiens et les juifs, pratiquer leur religion", a-t-il dit sur Europe 1.

En revanche, le Front national, qui exige le gel des chantiers en cours ainsi qu’une enquête sur leur financement, dénonce une "provocation". Le parti de Marine Le Pen s’est dit en "totale opposition" avec cette proposition "saugrenue et dangereuse". "Le plus grand flou plane aujourd’hui sur l’origine et le financement des projets de mosquées en France. L’aide financière apportée par certains États étrangers (...) qui entretiennent des liens avec les pires mouvements jihadistes du monde, constitue une menace certaine pour la sécurité nationale", écrit-il dans un communiqué.

Une position répétée lundi 6 avril par Florian Philippot, vice-président du FN, sur l'antenne de la chaîne iTélé. "Je crois que ce n'est pas motivé par le besoin de mosquées mais par les règles internes du CFCM, mis en place par Nicolas Sarkozy : plus vous avez de mètres carrés de mosquées, plus vous avez d'influence", a-t-il enchaîné. "On sait qu'il y a un jeu d'influence entre les pays étrangers qui financent les mosquées, l'Algérie, le Maroc, l'Égypte, l'Arabie saoudite", a ajouté Florian Philippot. "Toutes les mosquées ne sont pas des lieux de radicalisation mais 100 % des lieux de radicalisation sont des mosquées", a dénoncé M. Philippot, pour qui dans les "filières" jihadistes, "il y a souvent une mosquée, des prêches radicaux...".

Avec AFP et Reuters

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