COMMÉMORATION

À Izieu, Hollande met en garde contre "la tentation du repli"

Les enfants d'Izieu, photographiés en avril 1944, juste avant leur deportation vers les camps d'extermination.
Les enfants d'Izieu, photographiés en avril 1944, juste avant leur deportation vers les camps d'extermination. HO, AFP

François Hollande s'est rendu à la Maison d'Izieu pour commémorer le 71e anniversaire de la rafle par la Gestapo des 44 enfants juifs qui s'y étaient réfugiés, avant d'être déportés vers les camps d'extermination.

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Vingt-et-un ans après l'inauguration de la Maison d'Izieu par François Mitterrand, François Hollande est le premier président à retourner dans ce lieu de mémoire, qui surplombe le Rhône, entre la Chartreuse et le Vercors. Il y a commémoré le 71e anniversaire de la rafle, par la Gestapo de Lyon, des 44 enfants juifs qui y avaient trouvé refuge.

"Nous sommes une fois encore réunis dans un lieu de drame, cette maison qui fut hier le théâtre d'une tragédie abominable et qui est aujourd'hui le symbole de la mémoire et de la fraternité", a déclaré François Hollande lors d'un discours prononcé à l'issue de cette visite, qui s'inscrit dans la série des déplacements mémoriels pour le centenaire de la guerre de 14-18 et du 70e anniversaire de la Libération.

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"Le mal ne s'est pas arrêté aux portes de cette maison, il renaît chaque fois que des idéologies totalitaires ou des fondamentalismes religieux s'emparent des passions et des peurs", a poursuivi le chef de l'État. Évoquant les étudiants "massacrés par des fanatiques" au Kenya, mais aussi les tueries en Syrie, en Irak et au Nigeria, il a mis en garde contre la tentation du "repli" et de "l'isolement", "poison mortel pour une nation". "À chaque fois, ce sont des juifs qui sont tués parce qu'ils sont juifs, des chrétiens parce qu'ils sont chrétiens. Et des musulmans, parce qu'ils sont musulmans", a-t-il averti.

Extension du lieu de mémoire

Une dizaine d'anciens pensionnaires d'Izieu étaient présents. Fondée par Sabine Zlatin, résistante juive d'origine polonaise, la colonie a accueilli, entre mai 1943 et avril 1944, 105 orphelins, dont certains ont ensuite été pris en charge par des familles d'accueil.

Mais le funeste matin du 6 avril 1944, aucun des 44 enfants juifs âgés de 4 à 12 ans, ni de leurs sept éducateurs, n'ont réchappé à la rafle ordonnée par Klaus Barbie, chef de la police allemande basée à Lyon. Tous ont été déportés puis exterminés dans les camps d'Auschwitz-Birkenau (Pologne) et de Reval (Estonie). Seule une éducatrice a survécu.

Accompagné de la ministre de l'Éducation, Najat Vallaud-Belkacem, et du secrétaire d'État chargé des Anciens combattants et de la Mémoire, Jean-Marc Todeschini, François Hollande a inauguré une extension du lieu transformé en musée. La maison était devenue trop étroite pour accueillir les quelque 26 000 visiteurs qui viennent s'y recueillir chaque année, parmi lesquels de nombreux groupes scolaires.

Avec AFP 

 

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