MUSIQUE

Cheb Khaled condamné pour avoir plagié la chanson "Didi"

Cheb Khaled, sur la scène du festival de Carthage, en juillet 2013.
Cheb Khaled, sur la scène du festival de Carthage, en juillet 2013. Fethi Belaid, AFP

Le "roi du raï" Cheb Khaled a été condamné par le tribunal de grande instance de Paris pour avoir plagié la musique d'un auteur algérien, Cheb Rabah, pour la composition de son plus gros tube international "Didi".

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C'est son premier et son plus grand succès international. Mais "Didi" n'est pas de l'œuvre du roi du raï. Dans sa décision prononcée vendredi 3 avril, le tribunal de grande instance de Paris a condamné Cheb Khaled, 55 ans, à restituer à un auteur algérien, Cheb Rabah, les droits d'auteur perçus pour la composition musicale de "Didi", commercialisée à partir de 1991.

"Il n'est pas contestable que la chanson 'Didi' [...] a connu un véritable succès durant plusieurs années sur un territoire important", constate le tribunal dans son jugement. De ce fait, "s'il avait été décrit immédiatement comme étant le compositeur de la musique, Rabah Zeradine aurait perçu des redevances dont il convient à présent de le faire bénéficier", ajoute-t-il.

Cheb Khaled a également été condamné à payer à Cheb Rabah une somme de 100 000 euros en réparation de son préjudice moral, et une autre de 100 000 euros en réparation des atteintes à son droit moral d'auteur.

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"C'est un succès qui reposait sur un mensonge", a dénoncé mardi Me Jean-Marie Guilloux, avocat de Cheb Rabah. L'avocate de Cheb Khaled, Me Laurence Goldgrab, a annoncé son intention de faire appel du jugement. "Le juge s'est appuyé sur des indices mais en matière de contrefaçon il faut des certitudes. Et la réalité de l'existence de la chanson Eli Kan n'a pas été prouvée à l'audience", a estimé auprès de l'AFP l'avocate de Cheb Khaled.

Le verdict devra cependant être exécuté, mais pour une période postérieure à juin 2003 en raison d'une prescription partielle. Le tribunal a considéré que Rabah Zeradine, dit Cheb Rabah, compositeur, auteur et interprète de raï, avait perdu une chance de gagner en notoriété importante du fait du succès de la chanson.

Le tribunal a enfin ordonné à la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SACEM) "de modifier toute sa documentation" concernant la chanson Didi pour faire désormais bénéficier Cheb Rabah d'une part des droits de reproduction mécanique et d'exécution publique "en tant que seul compositeur" de l'œuvre.

Khaled Hadj Brahim Khaled, dit Cheb Khaled, avait déposé la chanson à la Sacem en 1992 en se déclarant seul auteur du texte et seul compositeur de la musique. Le tribunal a également condamné solidairement la société d'édition musicale BMG VM Music France.

Un tube inspiré de la chanson "Eli Kan"

La chanson "Didi" a connu un grand succès dans les pays arabophones et sur plusieurs continents, notamment en Europe où il est entré dans le haut des hit-parades en France, en Belgique, en Espagne et en Asie. La chanson a également été utilisée dans un film de Bollywood et a été jouée lors de la cérémonie d'ouverture de la coupe du monde de football en Afrique du Sud en 2010.

Selon l'experte Ruth Bensimon, citée par le plaignant, le titre Didi serait "largement inspiré" de la chanson "Eli Kan" diffusée au public à compter de 1988 et des chansons identiques "Angui" ou "Selmi" du même auteur exploitées elles à compter de 1994.

Considéré comme "le roi du raï", Cheb Khaled, a été le lauréat de nombreux prix prestigieux et a vendu plusieurs dizaines de millions d'albums à travers le monde.

Avec AFP

 

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