ÉNERGIE

Le gouvernement français affirme n'avoir rien à cacher sur le gaz de schiste

Ségolène Royal, le 4 avril à La Rochelle
Ségolène Royal, le 4 avril à La Rochelle Xavier Leoty, AFP

Pour Ségolène Royal, "les gaz de schiste" ne sont plus d'actualité. La ministre de l'Écologie répondait au "Figaro" qui accuse le gouvernement d'avoir enterré un rapport de 2013 favorable à leur exploitation.

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Ségolène Royal a indiqué sur son compte Twitter que "les gaz de schiste ne sont plus d'actualité", après la publication d'un article dans l'édition du 7 avril du "Figaro" faisant état d'un rapport de 2014, "enterré" depuis, favorable à une exploitation par une méthode alternative à la fracturation hydraulique.

"Réponse au Figaro : rien à cacher", a répondu la ministre de l'Environnement dans un tweet, alors que le quotidien estime que "la gestion politique du dossier, paralysée par le veto absolu opposé par les Verts et le ministère de l'Écologie, comme la prudence de l'Élysée et de Matignon, a tout simplement enterré" le rapport.

"Le rapport sur les gaz de schiste reconnaît que la fracturation hydraulique est condamnable au plan environnemental" et l'alternative proposée "n'apporte pas de solution : c'est une technologie qui n'est pas mature et sans retour d'expérience", a déclaré mardi 7 avril la ministre à l'AFP.

Selon "Le Figaro", le rapport en question, commandé par Arnaud Montebourg, alors ministre de l'Économie et favorable à l'exploration de ces hydrocarbures non conventionnels, estime que l'utilisation d'un gaz (fluoropropane) serait une alternative à la fracturation hydraulique, technique interdite en France par la loi Jacob de 2011.

Ce gaz, beaucoup plus stable que le propane, serait injecté dans la roche pour la fracturer et atteindre les couches de gaz naturel : cette injection se ferait sans eau ni additifs chimiques, contrairement à la fracturation hydraulique.

"Le principe reste toujours la fracturation de la roche-mère. L'eau est remplacée par de l'heptafluoropropane, une molécule dont le potentiel de réchauffement climatique est 3  000 fois celui du CO2", précise le ministère de l'Écologie pour lequel "en cas de fuite, l'effet sur le climat serait catastrophique".

"Contrairement à l'exploitation des hydrocarbures conventionnels, il est toujours nécessaire de multiplier les forages et les stimulations pour exploiter les gaz et les pétroles de schiste", indique-t-on de même source et "même si les puits sont de qualité, cela augmente le risque de pollution du sous-sol et des nappes phréatiques, au cours de la phase d'exploitation".

Les demandes d'exploration refusées

Toujours selon le quotidien, le rapport resté confidentiel préconisait "une première phase d'expérimentation, par micro-forages en Île-de-France et dans le Sud-Est".

"C'était le premier rapport officiel qui validait la technologie de stimulation au fluoropropane", explique un proche du dossier au journal. L'article souligne néanmoins que, malgré les dégâts environnementaux provoqués par l'exploitation des gaz de schiste, aux Étas-Unis par exemple, les grandes compagnies du secteur n'utilisent pas la technique alternative du fluoropropane.

En juillet 2013, François Hollande avait assuré qu'il n'y aurait ni exploration ni exploitation du gaz de schiste en France sous sa présidence. Lorsque le Conseil constitutionnel avait débouté les industriels opposés à l'interdiction de la fracturation hydraulique en octobre 2013, il avait réaffirmé cette position tout en soulignant que la loi "n'empêch(ait) pas la recherche dans d'autres domaines" que la fracturation hydraulique.

Les demandes de permis d'exploration sont systématiquement refusées par le ministère de l'Écologie et de l'Énergie, indique Ségolène Royal et ce "malgré la pression de lobbies canadiens".

Pour Matthieu Orphelin, le porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot, "l'abandon définitif par le gouvernement de la recherche et développement sur toutes les techniques d'extraction de gaz de schiste est une bonne nouvelle pour le climat. C'est dans les énergies renouvelables et la maîtrise de l'énergie qu'il faut investir".

Avec AFP

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