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Génocide rwandais : Paris déclassifie les documents de la présidence française

Le 6 avril 1994,  l'avion du président rwandais Juvénal Habyarimana était abattu par deux missiles
Le 6 avril 1994, l'avion du président rwandais Juvénal Habyarimana était abattu par deux missiles Gérard Gaudin, Belga, AFP

La France a signé, mardi, la décision de déclassification de documents relatifs au génocide commis au Rwanda, émis entre 1990 et 1994 par l'Élysée. Une décision qui intervient le jour du 21e anniversaire du génocide rwandais.

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François Hollande a tenu ses promesses. L'Élysée a déclassifié, mardi 7 avril, les archives de la présidence française sur le Rwanda pour la période de 1990 à 1995, et ce, le jour du 21e anniversaire du déclenchement du génocide rwandais, le 7 avril 1994.

Le chef de l'État français avait annoncé il y a un an qu'il œuvrerait pour faciliter le travail de mémoire sur cette période, sans pour autant faire d’annonce officielle.

Depuis, le recensement des archives a été "lancé et coordonné" par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), les documents mêlant des notes des conseillers diplomatiques et militaires de l'Élysée, mais aussi des comptes rendus de conseils restreints de défense ou de réunions ministériels.

"Rien n'interdit plus la consultation de ces archives" qui seront ainsi à la disposition des chercheurs, des associations de victimes ou de la société civile, souligne la présidence française qui parle d'un "souhait de vérité".

Dans quelque temps, précise-t-elle encore, d'autres archives seront déclassifiées, celles de l'Assemblée nationale et des ministères des Affaires étrangères et de la Défense, chacun allant "à son rythme" dans cette procédure.

Ouverts pour les associations de victimes

La décision a été signée par le secrétaire général de l’Élysée Jean-Pierre Jouyet, et portent sur des archives entre 1990 et 1995. Le document a été contre-signé par Dominique Bertinotti, ancienne ministre et mandataire des archives de la présidence de François Mitterrand.

Parmi les documents déclassifiés figurent les "archives Quilès", du nom de l'ancien ministre socialiste Paul Quilès qui avait présidé la mission des commissions de la Défense et des Affaires étrangères de l'Assemblée sur les opérations militaires conduites par la France et l'ONU, notamment, au Rwanda entre 1990 et 1994. Son rapport avait été publié en décembre 1998.

>> À lire sur France 24 : "Nous n’avons aucun problème particulier avec la France" assure Paul Kagame

L'enjeu pour François Hollande est de répondre à "un souhait de vérité pour les historiens et la société civile".

La question du rôle joué en 1994 par Paris, alors allié au régime hutu, qui a déclenché le génocide contre des Tutsis, empoisonne depuis plus de vingt ans les relations bilatérales entre la France et le Rwanda, qui a souvent accusé par le passé Paris de s'être rendu complice des tueries.

Les relations entre Paris et Kigali ont été rompues en 2006 après la mise en cause par la justice française de proches du président Paul Kagamé dans l'attentat visant le président d'alors, Juvénal Habyarimana, puis rétablies quelques années plus tôt. La déclassification de ces documents permettra peut-être d'en savoir davantage à ce niveau.

avec AFP et Reuters

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