TUNISIE

Hollande déroule le tapis rouge au président tunisien Essebsi

Le président François Hollande a reçu son homologue tunisien Béji Caïd Essebsi pour une visite officielle de deux jours, le 7 avril 2015.
Le président François Hollande a reçu son homologue tunisien Béji Caïd Essebsi pour une visite officielle de deux jours, le 7 avril 2015. Etienne Laurent, AFP

Le président français a accueilli son homologue tunisien en grande pompe mardi. François Hollande a promis un engagement renforcé dans le domaine économique et sécuritaire.

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Le président tunisien Béji Caïd Essebsi a été accueilli avec tous les honneurs, mardi 7 avril, par François Hollande à l'Hôtel des Invalides. Une visite d'État de deux jours destinée à renforcer la coopération économique et sécuritaire entre les deux pays amis sur fond de menace jihadiste croissante.

Geste rare, réservé jusqu'à présent au seul président chinois Xi Jinping, François Hollande a reçu en personne son homologue, manière de souligner une nouvelle fois l'attachement de la France au processus démocratique en Tunisie, pays pionnier des printemps arabes.

Lors d’une conférence de presse commune, François Hollande a rappelé l’amitié qui lie les deux pays "touchés par un acte terroriste" à quelques mois d’écart. Il a de nouveau remercié le peuple tunisien pour sa "solidarité" envers la France, après les attaques terroristes de janvier 2015 durant lesquelles des citoyens tunisiens ont perdu la vie.

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Béji Caïd Essebsi sur le terrorisme

Surveillance de la frontière libyenne

L’extension d’une coopération militaire entre les deux pays a été confirmée par François Hollande, qui n’a pas tenu à entrer dans les détails pour des raisons sécuritaires. Le président français a toutefois déclaré qu’il s’agissait notamment de surveiller la frontière avec la Libye.

"Il est évident qu’il faut la renforcer", a estimé Sophie Bessis sur France 24. Pour cette historienne de l’IRIS, spécialiste de la Tunisie, "la Tunisie n’a pas les moyens matériels pour combattre efficacement le jihadisme et notamment à la frontière libyenne. Le chaos libyen est un danger pour la Tunisie dans la mesure où la frontière est extrêmement poreuse" a-t-elle expliqué. Mais Sophie Bessis prévient : "La France semble s’intéresser à l’aspect financier de cette coopération. Pour moi, si elle fait ça, ce serait la vider de son sens".

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Sophie Bessis, chercheuse à l'IRIS, sur la coopération franco-tunisienne

60 millions d'euros de dettes tunisiennes convertis

Autre rapprochement entre les deux pays : la coopération économique et financière. Une conversion des dettes tunisiennes au-delà de 60 000 millions d'euros a été engagée en investissments. "Elle permettra d’assurer le financement de projets" a déclaré François Hollande.

Cette collaboration est cruciale pour l'économie tunisienne alors que le secteur du tourisme, stratégique, a subi un rude coup après l'attentat du Bardo le 18 mars dernier, avec des réservations en chute de 60% selon le Syndicat national français des agents de voyages (SNAV).

La France est le premier partenaire commercial de la Tunisie et son premier investisseur extérieur. Quelque 1 300 entreprises françaises employant plus de 125 000 personnes y sont implantées. L'Hexagone est aussi le premier pays pourvoyeur de touristes et le premier bailleur de fonds bilatéral.

Cette visite intervient une dizaine de jours après celle effectuée par le chef de l'État français à Tunis où il participait à une grande marche de protestation contre le terrorisme après l'attentat du Bardo.

Avec AFP

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