MALAISIE

La Malaisie adopte une loi antiterroriste controversée

La police malaisienne a annoncé avoir arrêté 17 personnes soupçonnées de vouloir perpétrer des attentats en Malaisie.
La police malaisienne a annoncé avoir arrêté 17 personnes soupçonnées de vouloir perpétrer des attentats en Malaisie. Police malaisienne

Au lendemain de l'arrestation de 17 personnes soupçonnées de préparer des attentats, le Parlement malaisien a adopté mardi une loi prévoyant la détention sans charge d'individus soupçonnés de terrorisme.

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Deux jours après l’arrestation de dix-sept personnes, agées entre 14 et 49 ans, suspectées de s’inspirer de l’organisation de l’État islamique pour perpétrer des attentats, la Malaisie a adopté un texte autorisant la détention sans charge de personnes soupçonnées de terrorisme.

Le texte a été voté après 15 heures de débat. L’opposition dénonce "l’introduction d’une détention à long terme sans procès, [et] ouvre la voie aux abus et constitue une sérieuse atteinte à la démocratie".

Le bureau Asie d’Human Rights Watch est également sorti du bois pour dénoncer "un énorme pas en arrière pour les droits de l'homme en Malaisie".

"Ils voulaient créer un "État islamique" en Malaisie"

En janvier, la police avait déjà indiqué avoir arrêté au total 120 personnes soupçonnées d'entretenir des liens avec l'EI ou d'avoir cherché à se rendre en Syrie ou en Irak. Selon les autorités, les dix-sept personnes arrêtées dimanche projetaient de créer une "organisation sur le modèle de l’État islamique". Au total, 67 Malaisiens se seraient rendus à l'étranger pour rejoindre l'organisation jihadiste.

L'objectif affiché de cette loi est donc de contrer les menaces extrémistes islamistes dans ce pays d'Asie du Sud-Est à majorité musulmane. Le texte a cependant comme un goût de déjà vu. Il marque le retour de la loi sur la sécurité intérieure mise en place en 1960 pour lutter contre le communisme. Abolie en 2012, elle avait permis pendant des dizaines d'années de détenir des opposants politiques sans jugement.

Depuis les mauvais résultats essuyés lors des élections de 2013, la coalition gouvernementale, au pouvoir depuis l'indépendance du pays en 1957, a lancé une campagne de répression contre la liberté d'expression et d'autres libertés civiles.

Avec AFP

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