NUCLÉAIRE IRANIEN

Obliger l'Iran à reconnaître Israël, une "erreur de jugement" selon Obama

Le président Barack Obama a salué la signature de l'acccord d'étape sur le nucléaire iranien, le 2 avril 2015.
Le président Barack Obama a salué la signature de l'acccord d'étape sur le nucléaire iranien, le 2 avril 2015. Nicholas Kamm, AFP

Barack Obama s’est prononcé contre la demande de Benjamin Netanyahou, qui avait souhaité conditionner l’accord sur le nucléaire iranien à une reconnaissance d’Israël par l’Iran. Le président américain a parlé d'une "erreur de jugement fondamentale".

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Le président américain Barack Obama a estimé lundi 6 avril que demander à l'Iran de reconnaître l'État d'Israël dans le cadre de l'accord naissant sur son programme nucléaire serait une "erreur de jugement fondamentale".

Le chef d’État américain a indiqué à la radio américaine NPR que cette demande va au-delà du cadre des discussions en cours. "Dire que nous devrions conditionner le fait que l'Iran n'acquiert pas l'arme nucléaire à un accord vérifiable dans lequel l'Iran reconnaîtrait Israël, cela revient à dire que nous ne signerons aucun accord, à moins que la nature du régime iranien ne change complètement", a estimé le président américain. "

Des déclarations faites en réponse au Premier ministre de l'État hébreu. Benjamin Netanyahou avait exigé dès le lendemain du règlement de Lausanne que Téhéran reconnaisse "sans ambiguïté le droit à l'existence d'Israël" dans tout accord définitif.

S'affirmer tout en rassurant l'allié israélien

Modérant son propos, Barack Obama a également ajouté lundi que l'Iran devait cesser de menacer Israël et de s'immiscer dans les conflits au Moyen-Orient. Mais le président américain a tenu à séparer le rôle de Téhéran dans la région et l'accord de principe conclu jeudi dernier.

"Nous ne souhaitons pas que l'Iran se dote de l'arme atomique justement parce que nous ne pouvons pas anticiper la nature du changement du régime", a-t-il expliqué. "Si soudain l'Iran se transformait en pays comme l'Allemagne, la Suède ou la France, alors il y aurait des discussions d'une autre nature sur ses infrastructures nucléaires."

La veille également, il avait tenu à rassurer son partenaire israélien dans une interview accordée au "New York Times", et dans laquelle il avait déclaré que l'affaiblissement d'Israël serait un "échec fondamental de [sa] présidence".

>> À lire sur France 24 : "Obama : un Israël affaibli serait 'un échec fondamental de ma présidence'"

Le Sénat s'en mêle

La situation est délicate pour le chef d’État, vivement critiqué par les conservateurs américains. Il s’est engagé dans une offensive politique pour convaincre le Congrès, majoritairement à droite, de lui laisser les mains libres jusqu'au 30 juin, date avant laquelle l'accord avec Téhéran doit être finalisé.

Le chef de la majorité républicaine du Sénat américain, Mitch McConnell, a de son côté dénoncé lundi des concessions de l'administration Obama à l'Iran et confirmé que le Sénat aurait son mot à dire sur l'accord final en préparation.

Avec AFP

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