YÉMEN

L'aide humanitaire arrive à Aden, où la situation est "catastrophique"

Une ambulance yéménite tente d'accéder aux blessés, après un raid aérien à Sanaa, le 8 avril 2015.
Une ambulance yéménite tente d'accéder aux blessés, après un raid aérien à Sanaa, le 8 avril 2015. Mohammed Huwais, AFP

Un premier convoi humanitaire est arrivé, mercredi, au Yémen, deux semaines après le début des raids de la coalition arabe. Une contribution modeste, alors que les ONG ne parviennent pas à faire acheminer le reste de l'aide humanitaire.

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Médecins sans frontières (MSF) a réussi, mercredi 8 avril, à acheminer à Aden une cargaison de 2,5 tonnes de matériel médical. C’est la première fois que l’ONG a eu accès au sud du Yémen depuis le début de l'intervention militaire menée par l'Arabie saoudite, a annoncé la représentante de MSF dans ce pays.

"Un bateau en provenance de Djibouti a accosté [mercredi] matin à Aden avec une première livraison de 2,5 tonnes de matériel médical, destinée à notre hôpital" dans la deuxième ville du Yémen, a précisé Marie-Elisabeth Ingres de MSF. Cette aide reste toutefois très modeste face aux immenses besoins de la population, en particulier à Aden, où la situation humanitaire est "catastrophique", selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

La chef de mission de MSF espère ensuite faire parvenir "par avion vers le 10 avril une autre cargaison à Sanaa" pour venir en aide aux victimes de la guerre dans la capitale et la partie nord du Yémen.

MSF n’est pas la seule ONG en difficulté au Yémen. Les Nations unies et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) peinent depuis plusieurs jours à faire parvenir une aide humanitaire dans le pays malgré l’urgence. L’arrivée d’un avion du CICR chargé de 16 tonnes de médicaments était prévue pour mercredi à Sanaa. Mais "aucun avion du CICR n'a atterri à l'aéroport", a déclaré en début d'après-midi une source aéroportuaire.

>> À lire sur France 24 : Riyad autorise la Croix-Rouge à intervenir au Yémen

 

Une crise humanitaire imminente

 

Aden, dernier bastion fidèle au président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, est devenu le théâtre d’intenses combats ces derniers jours entre partisans et adversaires du chef d’État. Au moins 22 personnes ont été tuées à Aden et plus de 70 blessées, pour la plupart des civils, mercredi 8 avril dans des bombardements rebelles qui ont touché des quartiers résidentiels de la ville, ont indiqué un responsable local et une source médicale.

Tandis que les pertes des rebelles restent inconnues, celles des civils se multiplient. Menée par l'Arabie saoudite, une coalition multiplie depuis deux semaines les raids aériens au Yémen. Et elle reconnaît la possibilité de dommages collatéraux, en affirmant tout faire pour les éviter.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a avancé, le 8 avril, un bilan de 643 morts et 2 226 blessés au Yémen depuis le 19 mars. De son côté, l'Unicef fait état de 74 enfants tués depuis le 26 mars, d'un million d'enfants n'allant plus à l'école et de 100 000 déplacés par le conflit.

Outre les coupures d'électricité et les difficultés d'approvisionnement, la population se plaint d'un manque d'eau potable, qui peut ouvrir la voie à de nombreuses maladies. Selon l'Unicef, le Yémen est donc au bord d’une crise humanitaire imminente.

Avec AFP et Reuters

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