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Syrie : ce qu’il faut savoir sur le quartier de Yarmouk

Un combattant au milieu d'une maison en ruines à Yarmouk, le 6 avril 2015
Un combattant au milieu d'une maison en ruines à Yarmouk, le 6 avril 2015 Youssef Karwashan, AFP

L'organisation de l'État islamique contrôle depuis le 1er avril une grande partie du quartier de Yarmouk à Damas. Comment ce quartier majoritairement peuplé par des Palestiniens est tombé sous sa coupe ? Éléments de réponse.

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Le régime syrien s'est déclaré prêt, mardi 7 avril, à fournir des armes aux organisations palestiniennes pour chasser l’organisation de l’État islamique (EI) du quartier de Yarmouk à Damas, où la situation humanitaire ne cesse d'empirer. La dégradation de la situation a poussé le Conseil de sécurité de l'ONU à réclamer un accès des agences humanitaires aux milliers de Palestiniens qui se retrouvent pris au piège depuis l'assaut des jihadistes de l'EI le 1e avril. Qui vivait dans ce quartier avant la guerre ? Quelles sont les factions en présence ?

Qu’est-ce que Yarmouk ?
Communément appelé le camp de Yarmouk, le quartier n’a plus, depuis longtemps, l'allure d’un campement. Il s’agit d’un quartier ordinaire de Damas, situé intra-muros à huit kilomètres seulement du centre de la capitale. Avant la guerre, il était peuplé d’environ 150 000 personnes, en majorité de Palestiniens, mais aussi de nombreux Syriens.

Qui sont les Palestiniens de Syrie ?
Selon l'UNRWA (Office des Nations unies chargé des réfugiés palestiniens), plus de 500 000 Palestiniens vivaient en Syrie au début du conflit en mars 2011. Ils sont pour la plupart descendants de ceux qui s'y sont réfugiés après la création de l'État d'Israël en 1948. Ils sont répartis dans neuf camps, qui étaient totalement contrôlés par des organisations palestiniennes acquises au régime. À Yarmouk, le plus grand des camps, il s’agissait du Front populaire pour la libération de la Palestine - Commandement général (FPLP-CG) d'Ahmad Jibril, un allié indéfectible et de longue date du régime syrien.

Quelle est leur position dans le conflit ?
Au début du conflit syrien, entre le régime de Bachar al-Assad et les rebelles pro-démocratie, ces organisations avaient prôné la neutralité. Mais la neutralité a rapidement été écartée. Beaucoup de jeunes Palestiniens n’ont pas suivi la consigne, rejoignant les rangs des rebelles. Et sur le front politique, le Hamas a pris parti pour la rébellion, fermant son bureau à Damas. Des combats meurtriers ont opposé en août 2012 à Yarmouk des Palestiniens pro-rébellion à ceux qui soutenaient le régime syrien, les hommes d’Ahmad Jibril.

Fin 2012, le quartier devient un champ de bataille entre forces du régime et rebelles syriens appuyés chacun par des groupes palestiniens. C’est le camp des rebelles qui l’emporte et finit par contrôler le quartier, mettant en fuite Ahmad Jibril et ses hommes. À partir du début 2013 le régime impose un siège impitoyable au quartier, de même qu’il le fait avec d’autres bastions de la rébellion de la périphérie de Damas, comme Douma ou Jobar. Près de 200 personnes meurent de malnutrition et d'absence de médicament.

Comment l’EI s’est emparé de Yarmouk ?
Le quartier de Yarmouk, assiégé par le régime, était donc tenu par des rebelles anti-Assad, syriens et palestiniens. Selon Fabrice Balanche directeur du groupe de recherches et d’études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (GREMMO), "le plus vraisemblable c’est que les groupes rebelles présents à Hajar al-Aswad (quartier limitrophe de Yarmouk et bastion rebelle) ont prêté allégeance à l’EI avant de lancer une offensive contre Yarmouk", le 1er avril. Des combats les ont opposés à l’intérieur du camp au principal groupe palestinien combattant l’EI et également anti-Assad, Aknaf Beit al-Maqdess (affilié au Hamas). Dans sa quête d’hégémonie sur les autres groupes rebelles en Syrie, l’EI a donc pris Yarmouk à d’autres rebelles.

Quid de la situation humanitaire ?
Selon un responsable palestinien à Damas, 500 familles, soit environ 2 500 personnes, ont déjà fui, avec l'aide de l'Organisation de libération de la Palestinie (OLP). L'ONU a réclamé un accès humanitaire aux populations civiles prises au piège à l'intérieur. Et l'Union européenne, qui a débloqué une aide d'urgence à une agence onusienne.

De son côté, le régime qui a commencé le 7 avril à bombarder les positions de l’EI dans le quartier se prépare désormais à une opération militaire.

 

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