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Rencontres 14-18 : quand les tweets font revivre nos poilus

Des photographies de soldats Morts pour la France durant la Grande Guerre
Des photographies de soldats Morts pour la France durant la Grande Guerre @1J1Poilu

Les rencontres du web 14-18, organisées à Paris, vous proposent de découvrir la Grande Guerre grâce au numérique. A cette occasion, France 24 met en avant deux initiatives sur Twitter qui remettent chaque jour les poilus à l'honneur.

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Tous les matins depuis août 2014, un soldat mort pour la France durant la Première Guerre mondiale est mis à l’honneur sur le compte Twitter @1J1Poilu. Un simple nom et une date pour rendre hommage à un poilu tombé il y a exactement cent ans jour pour jour. "C’est pour mieux faire connaitre le destin de ces centaines de milliers de victimes de la Grande Guerre, en mettant, chaque jour, le focus sur l’une ou plusieurs d’entre elles", explique Jean-Michel Gilot, à l'origine de cette initiative.

Depuis des mois, ce responsable de communication digitale s'astreint à ces tweets quotidiens. Cet arrière petit-fils d’un soldat tué en 1918 s’est donné pour mission de braquer le projecteur sur des poilus oubliés, mais surtout d’inciter le plus grand nombre d’internautes à participer à un défi d'indexation sur la Grande Guerre. L’idée d’1jour1poilu lui est venue en novembre 2013 lors du lancement sur le site Mémoire des Hommes du ministère de la Défense d'une plateforme collaborative permettant aux internautes d'annoter eux-mêmes des documents numérisés.

"Elle regroupe les fiches de 1 320 000 soldats morts pour la France au titre de la Première Guerre mondiale. Elles contiennent un certain nombre d’informations avec en particulier les noms et prénoms, date et lieu de naissance mais aussi les endroits où ils ont trouvé la mort, le régiment dont ils faisaient partie", décrit Jean-Michel Gilot. "A l’heure actuelle, certaine de ces informations ont été transcrites numériquement, mais d’autres ne le sont pas encore. Il est important de le faire pour mieux connaitre l’identité ou les circonstances du décès des soldats. Cela nous permettra aussi de consulter cette base de données à partir de beaucoup plus de critères".

En d’autres termes, la transcription complète de ces fiches offrira la possibilité aux chercheurs d’établir des statistiques sur les origines régionales des Morts pour la France, les lieux où ils ont été tués ou encore leur tranche d’âge. "Ce sera toujours approximatif car la base de Mémoire des Hommes n’est pas exhaustive et elle comporte des erreurs, mais il s’agira d’estimations beaucoup plus fines et sourcées que celles dont nous disposons aujourd’hui", estime le créateur d’1j1Poilu.

Un exemple d'indexation de fiche : celle d'Henri Alban Fournier, dit Alain-Fournier, célèbre écrivain
Un exemple d'indexation de fiche : celle d'Henri Alban Fournier, dit Alain-Fournier, célèbre écrivain http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr

"Un acte d’hommage ouvert à tous"

Mais pour y parvenir, le travail est colossal. A l’heure actuelle, selon les chiffres du ministère de la Défense, la barre des 10% de fiches indexées (soient 159 000) a été atteinte début mars. Pour que toutes les fiches soient complétées d’ici le 11 novembre 2018, le centenaire de l’armistice, il faut en transcrire environ 800 par jour d’ici là. Afin de recruter un maximum d'indexeurs amateurs, Jean-Michel Gilot a donc créé cet avatar sur Twitter. En l’espace de quelques mois, il compte près de 2000 abonnés dont une centaine de participants actifs qui partagent leur travail via le hashtag #1J1P : "Il reste du chemin à parcourir par rapport aux 800 fiches, mais ces 100 personnes en indexent plus qu’une par jour. Il y a une vingtaine d’Internautes qui ont déjà réalisé à eux seuls 20 000 indexations".

Et pour convaincre les plus sceptiques, ce passionné d’histoire rappelle que la démarche est très simple. L’inscription se fait en quelques clics. "Les Internautes peuvent commencer par remplir les fiches de leurs aïeux, puis ceux des autres poilus de leur commune", conseille-t-il "Je trouve cela extraordinaire que quiconque puisse transcrire aujourd’hui la fiche de l’un de ses ancêtres. C’est en soit un acte d’hommage et c’est ouvert à tout le monde !", ajoute-t-il avec enthousiasme.

Un jour un monument aux morts

Sur le même principe, Guillem Salles a imaginé sur Twitter le compte @1j1MAM (DesPierresDesNoms). Ce chef de projet en tourisme publie quotidiennement des messages consacrés aux monuments aux morts de la Grande Guerre. "Je me suis aperçu qu’ils étaient omniprésents dans nos villes et nos villages et qu'à de rares exceptions, le 8 mai et 11 novembre, nous ne les voyions plus. Je me suis demandé qu'est-ce qui faisait que ce patrimoine était devenu invisible ?", explique-t-il.

Pour tenter de sortir ces monuments de l’oubli, le jeune homme invite les internautes à prendre en photos les obélisques, colonnes et autres statues érigés en hommage aux morts de la Grande Guerre dans leurs villages ou dans leurs villes et à les partager sur les réseaux sociaux. Chaque semaine, il choisit également de parler d’un thème concernant ces édifices présents dans la très grande majorité des 36 000 communes de France : " Je me suis documenté, j'ai lu des ouvrages universitaires. Et là, j'ai découvert que j'ignorais tout du code et de la symbolique des monuments aux morts. J'ai découvert qu'ils nous parlaient une langue que nous ne comprenions plus".

Ce descendant de poilus s’est passionné pour ce thème très récemment, à l’approche des commémorations pour les cent ans du début de la Grande Guerre: "Je crois que le fait de découvrir que mon arrière-grand oncle était né en 1885, soit exactement 100 ans avant moi a été un déclic. J'étais la génération du Centenaire. Il fallait que je fasse quelque chose pour perpétuer la mémoire de ces hommes de mon âge qu'on avait envoyés du jour au lendemain à des centaines, des milliers de kilomètres de chez eux pour défendre leur pays".

Chacun à leur manière, @1j1Poilu et @1j1MAM espèrent sensibiliser les internautes à cette période de l’histoire de France. Pour eux le Web est l’outil idéal pour intéresser le plus grand nombre et surtout les nouvelles générations. "C’est quand même frustrant d’être toujours limité par la règle des 140 signes", souligne avec humour Guillem Salles, "mais j’aimerais que les enseignants se servent de mon initiative pour montrer aux collégiens, aux lycéens que l'histoire vit sur les réseaux sociaux, et qu'il est également possible d'apprendre par ce biais-là".

-Retrouvez également lors des rencontres 14-18, nos journalistes Stéphanie Trouillard et Marie Valla pour un atelier consacré "aux médias et à la Grande Guerre sur le web", le samedi 11 avril à 13 h 15.  

Informations pratiques sur les rencontres du web 14-18 :

Date : Les 10 et 11 avril 2015, de 9 h à 19 h
Lieu : Gaîté lyrique, loft et auditorium - 3 rue Papin, 75003 Paris

Ouvert à tous sans inscription

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