FRANCE

Le Pen à sa fille : "C'est elle qui se suicide [et] qui se tire une balle dans le pied"

Jean-Marie et Marine Le Pen au congrès du FN, le 7 septembre 2014 à Fréjus.
Jean-Marie et Marine Le Pen au congrès du FN, le 7 septembre 2014 à Fréjus. Valéry Hache, AFP

Le fondateur du FN a estimé ce vendredi sur RTL que sa fille Marine était "en train de dynamiter sa propre formation" en cherchant à l'exclure du parti. Jean-Marie Le Pen l'a également accusée de manœuvrer pour se "soumettre au système".

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"Quand elle sera autre chose, elle ne sera plus rien." L'amour paternel que porte Jean-Marie Le Pen à sa fille, Marine, a trouvé sa limite ces derniers jours dans la guerre ouverte que se livrent les deux protagonistes. Le fondateur du parti a décrété vendredi matin sur RTL que la présidente du Front national (FN) était "en train de dynamiter sa propre formation". Pis, qu'elle prenait le risque de se "soumettre au système".

Le père ne supporte certainement pas sa convocation devant le bureau exécutif du parti dirigé par sa fille, où il devra répondre de ses sorties – habituelles – sur le pétainisme et la Shoah. Une sorte de tribunal interne où son sort politique devrait être scellé. "J'irai me défendre, évidemment", assure-t-il sur RTL, "et probablement attaquer", a répliqué le patriarche de 86 ans, à qui sa fille reproche un récent entretien dans l'hebdomadaire d'extrême droite "Rivarol".

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Toute cette procédure disciplinaire laisse Jean-Marie Le Pen "pantois". "Elle avait la chance d'avoir une unité et des résultats conquérants, et c'est elle-même qui crée une difficulté majeure avec le président d'honneur, fondateur de son parti, qui de surcroît est son père, sous des prétextes extrêmement légers, qui ne justifient pas l'action qu'elle prétend mener", a déploré celui qui a été élu député pour la première fois en 1956.

"Qu'est-ce qu'elle veut ? Qu'est-ce qu'ils veulent ?"

Jean-Marie Le Pen a redit à l’antenne qu’il se considérait comme un "élément fondamental" sur l'échiquier frontiste, et qu'une éventuelle éviction nuirait au parti, plus qu’à sa personne. "Elle me parle de suicide [politique] mais je n'ai plus d'ambition politique de grande dimension. C'est elle qui se suicide, c'est elle qui se tire une balle dans le pied !", a-t-il ajouté.

À celle qui lui a demandé de prendre sa retraite politique, il a également répliqué qu'"évidemment" il poursuivrait sa carrière, entendant bien "défendre" sa candidature pour représenter le FN aux régionales dans la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur le 17 avril, à laquelle Marine Le Pen s'oppose. Envisagerait-il d'être candidat sans investiture FN ? "C'est à voir, c'est sur le champ des réflexions", a répondu le "Menhir", qui a pris acte aussi que sa petite-fille Marion Maréchal-Le Pen ne le soutenait pas, "un assaut généralisé", a-t-il regretté.

Dans sa diatribe, le président d'honneur s'en est également pris à Florian Philippot, le numéro deux du FN, qu'il qualifie de "pièce rapportée" et qu'il accuse de jouer un "jeu personnel". Dans l'"opération" que mènerait sa fille, "il y a derrière sans doute M. Philippot", a indiqué Jean-Marie Le Pen.

Plusieurs fois, le fondateur du parti a dit son incompréhension face à cette brouille politique – et familiale. "Qu'est-ce qu'elle veut ? Qu'est-ce qu'ils veulent ?", s'est-il exclamé. Tout ceci "est une manœuvre d'ensemble dont je cherche à comprendre les raisons et le déroulement", a-t-il conclu.

Avec AFP

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