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UKRAINE

L'Ukraine laisse les symboles soviétiques tomber et égratigne la Russie

À Slaviansk, dans la région de Donetsk, un drapeau ukrainien est enroulé autour d'une statue de Lénine.
À Slaviansk, dans la région de Donetsk, un drapeau ukrainien est enroulé autour d'une statue de Lénine. Sergei Supinsky, AFP PHOTO
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L’Ukraine cherche définitivement à tourner la page du communisme. Samedi, plusieurs monuments à la gloire de leaders bolcheviques ont été déboulonnés à Kharkiv et le président ukrainien a comparé la Russie de Vladimir Poutine à l’Allemagne nazie.

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En pleine crise avec Moscou, l’Ukraine cherche à se débarrasser définitivement de son passé soviétique. Trois monuments à la gloire de leaders bolcheviques ont été démontés dans la nuit du vendredi 10 au samedi 11 avril par des jeunes gens encagoulés et masqué à Kharkiv, grande ville industrielle proche de la zone de conflit dans l'Est séparatiste prorusse.

Ces actes sont intervenus dans le chef-lieu de la région frontalière des zones séparatistes prorusses de Donetsk et de Lougansk, après l'adoption jeudi par le Parlement ukrainien de lois interdisant "toute propagande communiste et nazie" et glorifiant comme "combattants pour l'indépendance de l'Ukraine" les nationalistes qui avaient un temps combattu aux côtés des nazis contre "l'occupation soviétique".

Aux termes de la loi qui doit encore être promulguée par le président Petro Porochenko, les monuments à la gloire des responsables soviétiques, dont les nombreuses statues de Lénine, doivent être démontées, de même que doivent être rebaptisées les localités, rues ou entreprises dont les noms font référence au communisme. L'interprétation de l'hymne soviétique, réintroduit par Vladimir Poutine, comme l'hymne russe avec des paroles adaptées, sera désormais passible en Ukraine d'une peine de prison.

Poutine comparé à Hitler

Le texte est salué par beaucoup dans cette ex-république soviétique engagée, après le soulèvement pro-européen du Maïdan, dans un conflit sans précédent avec la Russie qui a annexé en mars 2014 la péninsule ukrainienne de Crimée. Moscou est accusée par Kiev et les Occidentaux de soutenir en troupes et en armes la rébellion séparatiste pro-russe dans l'Est que les forces ukrainiennes combattent depuis un an dans un conflit qui a fait plus de 6 000 morts.

>> À voir sur France 24 : "Vidéo : la Crimée à l’heure de la russification"

Selon certains analystes, la loi risque cependant d'exacerber les tensions dans un pays déjà divisé par la guerre.

La Russie a accusé vendredi Kiev d'avoir recours à des méthodes "totalitaires" pour désoviétiser l'Ukraine au profit d'une idéologie nationaliste qui pousse le pays "dans l'abîme".

Le président Porochenko a enfoncé le clou vendredi soir dans un discours à Odessa, ville russophone du sud de l'Ukraine, en comparant les actions de la Russie de Vladimir Poutine en Ukraine aux agissements de l'Allemagne nazie.

"En quoi l'Anschluss de l'Autriche en 1938, ou l'occupation des Sudètes (région de l'ouest de la République tchèque) sont-elles différentes de l'annexion de la Crimée ou des tentatives de séparer en 2014 le Donbass [dans l'Est séparatiste prorusse]", a lancé le président ukrainien.

Alors qu'approche le 70e anniversaire de la victoire sur les nazis qui sera célébrée en grande pompe en Russie, Petro Porochenko s'est également interrogé sur le rôle du Kremlin dans le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale tout en ajoutant que la victoire aurait été impossible sans la contribution des 6 millions d'Ukrainiens qui avaient combattu dans les rangs de l'Armée rouge.

Avec AFP

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