DISPARITION

Décès de l'écrivain uruguayen Eduardo Galeano

Eduardo Galeano au Forum social mondial de Porto Alegre, le 29 janvier 2005.
Eduardo Galeano au Forum social mondial de Porto Alegre, le 29 janvier 2005. Jefferson Bernardes, AFP

L'écrivain et journaliste uruguayen Eduardo Galeano est mort lundi à Montevideo des suites d'un cancer. Il avait 74 ans. Son essai "Les veines ouvertes de l'Amérique latine", paru en 1971, l’avait rendu célèbre dans le monde entier.

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L'écrivain et journaliste uruguayen Eduardo Galeano est mort lundi à l’âge de 74 ans à Montevideo. L’information, rapportée par la chaîne Telesur, a été confirmée au quotidien espagnol "El Pais" par son éditeur. Il souffrait d’un cancer des poumons.

Son essai "Les veines ouvertes de l’Amérique latine", paru en 1971 en espagnol, est devenu un classique de la littérature politique. Il y faisait un réquisitoire sans appel contre l'exploitation du continent latino-américain depuis l'arrivée des premiers colons espagnols. Ce livre, traduit en une vingtaine de langues, était devenu un des ouvrages de référence de la pensée de gauche des années 1970 et 1980 puis de l'altermondialisme.

La présidente du Brésil Dilma Rousseff, qui l'avait cité dans son discours devant ses pairs au Sommet des Amériques, samedi 11 avril à Panama, a salué dans un communiqué "une plus grandes icônes de la lutte pour la justice sociale". "Le monde a perdu un maestro", a de son côté commenté le président bolivien Evo Morales, tandis que les hommages se sont multipliés en Argentine, où il a vécu et travaillé.

Quand Chavez offrait son ouvrage à Obama

Eduardo Galeano avait débuté sa carrière journalistique à 14 ans, en publiant des caricatures dans l'hebdomadaire "El Sol", du Parti socialiste uruguayen. Entre 1961 et 1964, il a dirigé la prestigieuse revue "Marcha", repaire d'intellectuels, puis il a pris la direction du journal de gauche "Epoca" (1964-1966). Emprisonné dans la foulée du coup d'État militaire de 1973, il s'exile en Argentine puis en Espagne, avant de revenir en Uruguay au retour de la démocratie en 1985. "Je n'ai pas eu la chance de connaître Shéhérazade, je n'ai pas appris l'art de la narration dans les palais de Bagdad, mes universités ont été les vieux cafés de Montevideo", confiait-il en 2009 à Madrid.

L’ouvrage qui a rendu Eduardo Galeano mondialement célèbre est paru quand il avait 31 ans. "J’ai essayé d’en faire une œuvre d’économie politique, sauf que je ne disposais pas de la formation nécessaire", a-t-il dit plus tard, même s’il "ne regrettait pas" de l’avoir écrit.

En 2009, pendant le cinquième Sommet des Amériques, l’ex-président vénézuélien Hugo Chavez avait offert un exemplaire de ce livre – interdit par la censure des dictatures uruguayenne, argentine et chilienne – au président des États-Unis, Barack Obama. À cette occasion, le livre était passé de la 60 280e à la dixième place des meilleures ventes sur Amazon, en seulement une journée.

Interrogé plus tard sur cet épisode, l’écrivain avait expliqué : "Ni Obama ni Chavez ne comprendraient le texte […]. [Chavez] a offert mon livre à Obama avec la meilleure intention du monde, mais il a offert à Obama un livre dans une langue que ce dernier ne connaît pas. Donc, ce fut un geste généreux, mais un peu cruel."

Avec AFP

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