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Marco Rubio, le rêve américain d’un fils d’immigré cubain

Marco Rubio dans le Maryland, le 27 février 2015.
Marco Rubio dans le Maryland, le 27 février 2015. Nicholas Kamm, AFP

Le sénateur de Floride d'origine cubaine, Marco Rubio, a officialisé lundi son entrée dans la course à l'investiture républicaine pour l'élection présidentielle de 2016. Portrait d’un conservateur hispanique qui se rêve en premier président latino.

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Ils pourraient être plus d’une dizaine sur la ligne de départ en janvier 2016. Mais pour l'heure, le camp républicain compte officillement trois prétendants déclarés dans la course à la Maison Blanche. Après les annonces de Ted Cruz et Rand Paul, c'est au tour de Marco Rubio de se lancer dans la course. Lundi 13 avril, il a estimé être "le plus qualifié" au sein de son parti pour briguer le prochain mandat présidentiel.

La concurrence sera rude et le sénateur de Floride le sait. Mais le jeune candidat d’origine cubaine, âgée de 44 ans - autant dire un nouveau-né dans une course à la présidentielle - n’a pas peur d’affronter certains colosses du parti, comme Jeb Bush, l’ancien gouverneur de son État, petit frère de George W. Bush, qui ne devrait plus tarder à annoncer sa candidature.

>> À lire sur France 24 : "Présidentielle américaine : les quatre défis qui attendent Hillary Clinton"

Malgré son faciès de poupon – qu’il n’arbore jamais sans un sourire colgate - Marco Rubio est loin d'être une personnalité fade et effacée. Il est aussi beau garçon qu’il est fin stratège. Élu sénateur de Floride en 2010, il a toujours eu un faible pour le pouvoir. Enfant déjà, il expliquait à son grand-père qu’il renverserait Fidel Castro pour devenir le chef de l’État cubain. Une ambition des hautes fonctions qui ne l’a jamais quittée.

Premier "speaker" latino

Ses premiers pas en politique se font à Miami, en 1997, un an après l’obtention de son diplôme d’avocat. Il est élu à la Chambre des représentants de Floride en 1999 et y siège pendant huit années consécutives, devenant en 2006 le premier "speaker" d’origine cubaine de cette assemblée. Marié très tôt à une ancienne camarade de lycée, prénommée Jeanette (ancienne pom-pom girl de l’équipe de football des Miami Dolphins), il a quatre enfants avec cette dernière (Amanda, Daniella, Anthony et Dominick).

Excellent orateur, Marco Rubio s’est assez rapidement imposé dans le cercle républicain grâce à sa liberté de ton et ses idées bien trempées. Comme la totalité des républicains, il est un grand admirateur de Ronald Reagan – apôtre, donc, de la libre entreprise - farouchement anti-avortement, anti-Obamacare, pro-port d’armes. Il est aussi contre les aides fédérales pour les immigrés illégaux, et contre l’obtention de la nationalité américaine pour les enfants de sans-papiers nés sur le sol américain : autant de prises de position qui ont séduit le Tea Party, la mouvance la plus radicale du Parti républicain.

Récemment, il s’est illustré en dénonçant l’accord-cadre signé le 2 avril sur le nucléaire iranien. Comme beaucoup de ses confrères républicains, il puise dans les angoisses liées au terrorisme pour gagner des voix. Il est donc convaincu que cet accord est une catastrophe majeure et a dénoncé une "erreur colossale" et "un échec diplomatique de l’administration Obama", sur son compte Facebook.

Un modéré parmi les radicaux ?

Mais Rubio ne veut pas seulement draguer la frange la plus extrême des républicains. Il veut aussi séduire les conservateurs plus traditionnels. Et pour cela, ce fils d’immigrés sait jouer sur la fibre sociale et sur ses origines modestes (son père était barman et sa mère femme de ménage). Il aime d’ailleurs à se présenter comme un modéré parmi les radicaux, et affiche des idées plutôt progressistes sur les questions d’immigration. Il a par exemple soutenu et poussé en 2013 une réforme ambitieuse qui aurait pu conduire à la régularisation de millions de sans-papiers – une prise de position qui a suscité l’ire du Tea Party.

Si sa cote de popularité en a pris un sérieux coup, Marco Rubio - qui parle couramment espagnol – espère avoir réussi à attirer sur lui l’attention de la communauté hispanique, la première minorité des États-Unis, votant majoritairement en faveur des démocrates. Récupérer leurs voix, c’est récupérer 15 % des électeurs de Floride. Dès qu’il le peut, il rappelle son identité hispanique. "Peu importe où je vais, quelle fonction je peux endosser, je serai toujours fils d’exilés", avait-il déclaré en 2010. "Je suis le fils d'immigrés, exilés d'un pays en proie aux troubles", écrit-il en 2012 dans son autobiographie, "Un fils américain".

Pour l’heure, les sondages le placent nettement derrière Jeb Bush, qui ne s’est pas encore officiellement déclaré mais qui dispose de soutiens et de moyens financiers considérables. A-t-il pour autant déjà perdu la course à la nomination ? Pas sûr. Obama n’avait-il pas déclaré, en 2014, que les Américains chercheraient sûrement un président qui aurait "l’odeur d’une voiture neuve" ? "Vous savez, ils veulent sortir de chez le concessionnaire avec quelque chose qui n'a pas autant de kilomètres que moi", avait-il ajouté en évoquant son successeur à la Maison Blanche. Avec son ADN cubain, Marco Rubio, est une "belle Américaine" qui pourrait incarner ce désir de changement en devenant le premier président latino des États-Unis.
 

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