FRANCE

Société générale : nouveau procès au civil pour Jérôme Kerviel en 2016

Jérôme Kerviel à la fête de l'Huma, le 13 septembre 2014.
Jérôme Kerviel à la fête de l'Huma, le 13 septembre 2014. Kenzo Tribouillard, AFP

Jérôme Kerviel affrontera un nouveau procès civil le 20 janvier 2016. L'ancien trader avait été condamné en mars 2014 à cinq ans de prison dont trois ferme, pour sa responsabilité dans la perte de 5 milliards d'euros de la Société générale.

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Le procès civil en appel de l'ex-trader Jérôme Kerviel sur ses responsabilités dans la perte de 4,9 milliards d'euros subie par la Société générale, en 2008, se déroulera du 20 au 22 janvier 2016, a décidé mercredi 15 avril la cour d'appel de Versailles.

Jean, veste noire et chemise rose, Jérôme Kerviel s'est présenté à cette audience technique, souriant et décontracté. À la sortie, il a expliqué qu'il aborderait "très serein" ce nouveau procès, prévu huit ans quasiment jour pour jour après l'annonce de la perte enregistrée par son ancien employeur.

"J'ai hâte d'y être, on est toujours aussi combatifs", a déclaré Jérôme Kerviel, au côté de son avocat Me David Koubbi. En mars 2014, la Cour de cassation avait confirmé la condamnation pénale de l'ex-trader à cinq ans d'emprisonnement dont trois ferme, mais annulé les 4,9 milliards de dommages et intérêts auxquels il avait été condamné.

La plus haute juridiction française avait renvoyé le volet civil de l'affaire devant la cour d'appel de Versailles.

"Les fautes que la Société générale a commises"

L'ancien trader considère que l'estimation de la perte, soit 4,9 milliards d'euros, fournie par la banque, repose sur des assertions de la Société générale qui n'ont jamais pu être vérifiées.

Sa demande d'une expertise indépendante des pertes subies en janvier 2008 a été rejetée en janvier par la cour d'appel de Versailles. "L'enjeu de ce procès, c'est d'établir les fautes que Société générale a commises", a résumé Me Koubbi, regrettant qu'il se déroule "sans expertise". "C'est très important de ne pas regarder dans les comptes de Société générale", a-t-il ironisé.

L'avocat de la banque, Me Jean Veil, n'a pas souhaité s'exprimer.

Kerviel, devenu le symbole des dérives de la finance, a été reconnu coupable d'avoir dissimulé - en introduisant de fausses données dans un système automatisé - ses prises de risques sur des produits financiers dérivés, entraînant une perte abyssale pour la banque française.

Libéré le 9 septembre 2014 après 112 jours de détention, Kerviel a bénéficié d'un aménagement de peine et effectue aujourd'hui sous bracelet électronique le solde de ses cinq années d'emprisonnement, dont trois ferme. Il est désormais employé d'une petite société informatique.

Avec AFP

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