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Nokia va racheter Alcatel-Lucent

Michel Combes, directeur général d'Alcatel-Lucent, et Rajeev Suri, PDG de Nokia dans la cour de l'Elysée le 14 avril.
Michel Combes, directeur général d'Alcatel-Lucent, et Rajeev Suri, PDG de Nokia dans la cour de l'Elysée le 14 avril. Alain Jocard, AFP

Nokia et Alcatel-Lucent ont annoncé s'être entendus sur le rachat du groupe franco-américain via une offre publique d'échange de titres le valorisant à 15,6 millards d'euros. Le nouveau groupe sera un des leaders des télécoms.

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Nokia veut racheter Alcatel-Lucent pour créer un chamion européen de la téléphonie. Les deux concurrents ont annoncé mercredi 15 avril avoir conclu un protocole d'accord prévoyant le rachat du groupe franco-américain via une offre publique d'échange de titres valorisant ce dernier à 15,6 milliards d'euros.

Le groupe finlandais avait officialisé mardi des négociations en vue de prendre le contrôle d'Alcatel-Lucent, un projet de rapprochement qui a reçu le soutien du gouvernement français.

Dans un communiqué commun des deux sociétés, Nokia précise qu'il propose aux actionnaires d'Alcatel-Lucent 0,55 action dans la nouvelle entité combinée pour une action Alcatel existante, ce qui devrait aboutir à une répartition future du capital de 33,5 % pour les actionnaires d'Alcatel et de 66,5 % pour ceux de Nokia, si l'offre est acceptée dans sa totalité.

"Le rapprochement de Nokia et d'Alcatel-Lucent offrira une occasion unique de créer un champion européen et un leader global dans l'accès à l'ultra-haut débit, les réseaux IP et les applications sur le 'cloud'", commente Michel Combes, directeur général d'Alcatel-Lucent, cité dans un communiqué.

À l'ouverture de la bourse de Paris mercredi, les actions Alcatel avait toutefois perdu 10 % de la valeur après l'annonce de l'accord de rachat.

Les effectifs en France maintenus

La nouvelle entité se donne pour ambition de dégager environ 900 millions d'euros de synergies sur ses coûts d'exploitation en 2019 en année pleine, ainsi que 200 millions de réduction des dépenses d'intérêts financiers à horizon 2017.

Le ministre français de l'Économie Emmanuel Macron avait assuré mardi que l'opération serait positive pour Alcatel-Lucent, en assurant qu'il n'y aurait pas de destruction d'emplois en France. "En se rapprochant d'Alcatel-Lucent, Nokia s'attend aussi à ce que la France, où Alcatel-Lucent est un acteur fondamental de l'écosystème technologique, devienne un centre névralgique du nouvel ensemble", a affirmé mercredi Nokia, en prenant une série d'engagements sur l'implication de la future entité dans l'Hexagone.

Nokia s'engage ainsi à maintenir les effectifs français au niveau qu'ils auront atteint une fois mise en œuvre la totalité du plan de restructuration engagé par Alcatel depuis près de deux ans.

Le nouvel ensemble devrait s'appeler Nokia Corporation et aurait son siège en Finlande, tout en conservant une forte présence en France, précisent les deux sociétés dans leur communiqué. Les termes de l'offre ne laissent cependant aucun doute quant au fait que le groupe franco-américain passe sous pavillon finlandais. Alcatel-Lucent ne comptera ainsi que trois membres dans le futur conseil d'administration, qui sera constitué de neuf ou dix personnes.

Avec Reuters

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