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La Croix-Rouge redoute une dégradation rapide de la crise humanitaire au Yémen

Une jeune Yéménite réfugiée dans un camp du HCR à Djibouti, le 13 avril 2015.
Une jeune Yéménite réfugiée dans un camp du HCR à Djibouti, le 13 avril 2015. Tony Karumba, AFP

Après vingt jours de combats, le Yémen fait face à une grave crise humanitaire. À Aden, les civils commencent à manquer d'eau et de nourriture et les organisations humanitaires peinent à accéder à l'ensemble des régions touchées.

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Pénuries, exode et centaines de morts. Le Yémen est soumis depuis 20 jours à des raids aériens visant les rebelles houthis et leurs alliés, des militaires restés fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh, qui mettent le pays à feu et surtout à sang. Selon les derniers chiffres de l'ONU, 736 personnes ont été tuées et 2 719 blessées depuis le début des raids. L'OMS estime néanmoins que le bilan des morts est sous-estimé, nombre de corps n’ayant pas été envoyés dans les centres médicaux.

"Quand elles ne sont pas accompagnées d’opérations sur le terrain, les frappes aériennes n’ont pour résultat que de tuer des gens et la plupart du temps de tuer des civils. (…) Elles ont pour résultat un pays désorganisé, affamé, privé d’eau mais peu d’influence sur l’avancée ou le maintien des Houthis", dénonce sur France 24 Gilles Gauthier, ambassadeur de France au Yémen de 2006 à 2009.

La situation humanitaire devient intenable. À Aden, la population commence à manquer de tout, en premier lieu de nourriture et d’eau, et de nombreuses familles ont choisi l'exil. Interrogé par France 24, Frédéric Joly, porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), n’hésite pas à parler de crise humanitaire. "La violence des combats dans des zones densément peuplées font que les conséquences humanitaires pour les populations civiles sont très graves et vont être de plus en plus préoccupantes dans les jours et les semaines qui viennent", estime-t-il.

>> À lire sur France 24 : "L'aide humanitaire arrive à Aden, où la situation est 'catastrophique'"

Redoutant une dégradation rapide de la situation et une augmentation drastique des besoins, il alerte déjà sur les moyens limités de son organisation : "Le CICR a pu apporter des générateurs électriques et des stations d’approvisionnement en eau, mais c'est bien insuffisant par rapport aux besoins qui vont se faire de plus en plus criants dans les jours qui viennent".

"Risques importants" pour les organisations humanitaires

Les combats touchent plusieurs régions. Au nord d'Aden, à Daleh, 43 personnes sont mortes depuis dimanche, selon l'AFP. Lundi, trois enfants ont péri dans la chute d'un obus sur leur maison. Dans le sud-est du pays, des combats ont éclaté près de l'unique terminal gazier du Yémen, à Balhaf, entre membres de tribus et militaires chargés de protéger le port.

Le CICR, dont la priorité est médicale, est en train d’acheminer 50 tonnes de matériel à Aden, où elle a déjà dépêché une équipe médicale, arrivée par bateau depuis Djibouti le week-end dernier. Mais avec la multiplication des combats et des bombardements, les personnels des organisations humanitaires connaissent des difficultés pour travailler, se déplacer et accéder aux habitants.

"À cause des bombardements, des frappes, des combats, des dizaines de milliers de personnes se retrouvent sans rien. Notre préoccupation est de savoir comment les atteindre et faire en sorte que l’accès humanitaire soit assuré pas seulement à Aden, mais dans l’ensemble du pays", explique Frédéric Joly, qui pointe également les risques encourus par les équipes médicales : "Avec la volatilité de la situation, les risques sont importants tant pour le Croissant-Rouge yéménite et pour le personnel du CICR".

Fuir à tout prix

En outre, des dizaines de milliers personnes ont été déplacées et des milliers d'étrangers ont été évacués du pays. Pas moins de 16 000 personnes sont, pour le moment, dans l'incapacité de quitter le Yémen, selon l'Organisation internationale pour les migrations.

D'autres tentent de fuir à tout prix, prêts à traverser le Golfe d'Aden dans des embarcations de fortune pour rejoindre les côtes djiboutiennes. Le détroit de Bab-el-Mandeb (la "porte des lamentations" en arabe), qui sépare la Corne de l'Afrique et la péninsule arabique ne fait pas plus d'une trentaine de kilomètres. Mais la traversée est non moins périlleuse : les réfugiés s'entassent parfois à plus de 200 sur de petites embarcations familiales.

Ils ne sont pour le moment que quelques centaines de réfugiés à avoir entrepris la traversée, selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Mais l'organisation se prépare d'ores et déjà à une nette augmentation des arrivées.

 

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