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AFRIQUE DU SUD

Les immigrés visés par une vague de violences en Afrique du Sud

Des résidents étrangers participent le 8 avril à Durban à une marche contre la xénophobie.
Des résidents étrangers participent le 8 avril à Durban à une marche contre la xénophobie. Rajesh Jantilal, AFP
4 min

La ville de Durban, dans l'est de l'Afrique du Sud, est secouée depuis plusieurs jours par des violences xénophobes qui se sont étendues à Johannesburg. Une marche de protestation contre les violences s'est tenue à Durban jeudi.

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La ville de Durban, dans l'est de l'Afrique du Sud, est en proie depuis plusieurs jours à une vague de violences xénophobes. Au moins six personnes ont trouvé la mort, dont un Éthiopien brûlé vif dans l'attaque de sa maison. Comme à Soweto en janvier, les violences ont démarré par le pillage d'échoppes tenues par des étrangers et ont gagné Johannesbourg mercredi soir.

L'ANC, le parti au pouvoir en Afrique du Sud, et le prince traditionnel des Zoulous ont condamné mercredi 15 avril ces actes xénophobes.

"Quelle que soit la cause de ces actes barbares, le Congrès National Africain (ANC) les considère comme des actes criminels contre des populations vulnérables et sans défense, qui ont cherché refuge, réconfort et prospérité économique dans notre pays", déclare le parti dans un communiqué, appellant tous les Sud-Africains à condamner sans réserve ces exactions.

Mercredi, le prince Thulani Zulu, leader traditionnel zoulou, s'est efforcé lui aussi d'apaiser les tensions : "Ce qui se passe actuellement, le roi le condamne dans les termes les plus fermes", a-t-il dit, au nom du roi Goodwill Zwelithini, chef spirituel de 12 millions de Zoulous. Ce dernier a été accusé d'avoir attisé les violences par des déclarations en mars, où il estimait que les immigrants illégaux devaient "faire leurs bagages et quitter le pays".

Environ 4 000 personnes ont répondu jeudi matin à l'appel des autorités locales et régionales de Durban, se rassemblant pour dénoncer les violences. Après des prières et des discours, le cortège devait marcher vers le centre-ville et la mairie de la capitale du pays zoulou et important port sud-africain sur la côte de l'Océan indien.

"Nge xenophobia Phansi !" et "Hlanganai maAfrika !" ("À bas la xénophobie" et "Afrique unie" en zoulou), scandaient les manifestants avant de se mettre en marche, sous des pancartes proclamant "Peace and love" et autres slogans pacificateurs. Les marcheurs étaient tout autant noirs que blancs, membre de la classe moyenne venus spontanément, ou habitants des townships de la ville convoyés gratuitement par bus affrêtés par la municipalité.

Les violences gagnent Johannesburg

La tension a par ailleurs gagné la capitale économique, où vivent de très importantes communautés étrangères africaines, et où les flambées de violence xénophobes sont récurrentes.

Dans la matinée, des commerçants du centre-ville avaient baissé leurs rideaux de fer, des rumeurs sur les réseaux sociaux indiquant que les étrangers allaient être la cible d'attaques. Quelques échauffourées ont eu lieu en ville, des magasins ont été pillés et deux personnes blessées.

"Les suspects sont entrés dans des magasins tenus par des étrangers et deux personnes ont été blessées dans ces incidents", a indiqué la police, précisant que six personnes avaient été arrêtées pour violences publiques et violation de domicile. Plusieurs étrangers ont fui les troubles  et ont trouvé refuge pour la nuit au commissariat de police le plus proche.

"Ça fait quinze ans que je suis là", a déclaré à l'AFP Milion Kassa, un commerçant éthiopien de 34 ans. "Qu'est-ce qu'on a fait de mal, si ce n'est travailler dur pour améliorer notre vie ? Est-ce que la police nous protège ? Non. À Soweto, ils étaient là à regarder pendant que les gens pillaient les magasins", accuse-t-il, en référence aux violences qui ont fait six morts dans ce township en début d'année.

Jeudi, la police a dû faire usage de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogène pour disperser dans la banlieue est de Johannesbourg une foule d'environ 200 manifestants opposés à la présence d'étrangers. Des incidents ont été signalés ailleurs à Johannesburg et à Pietermaritzburg, à moins d'une heure de route dans l'arrière-pays de Durban.

Des attaques similaires avaient fait plus d'une soixantaine de morts en 2008 à Johannesburg. Pays d'environ 50 millions d'habitants, l'Afrique du Sud hébergerait quelque cinq millions d'immigrés originaires pour la plupart d'Afrique sub-saharienne et du sous-continent indien. Le taux de chômage s'élève à 25 % et approche même 40 % chez les plus jeunes.

Les migrants sont souvent accusés de tous les maux par la population comme par certains responsables politiques, qui leur reprochent pêle-mêle de résider illégalement dans le pays, de faire des affaires au détriment des commerçants locaux ou encore de commettre des crimes.

Avec AFP et Reuters

 

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