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Les élections soudanaises reconduites en raison de la faible participation

Le 13 avril, le dictateur Omar el-Béchir, assuré d'être réélu, a voté dans la capitale Khartoum.
Le 13 avril, le dictateur Omar el-Béchir, assuré d'être réélu, a voté dans la capitale Khartoum. Ashraf, Shazly, AFP

La Commission électorale soudanaise a décidé de prolonger les élections générales jusqu’à jeudi, à cause d'une faible participation au scrutin. Le dictateur Omar el-Béchir a de très fortes chances d’être reconduit à la tête de l’État.

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Les élections générales au Soudan dureront jusqu’à jeudi. La Commission électorale a décidé, après une faible participation au scrutin, de prolonger d’un jour la durée des élections présidentielle et parlementaires, organisées initialement de lundi à mercredi.

À la tête de ce grand pays pauvre d’Afrique depuis un quart de siècle, Omar el-Béchir doit être reconduit pour un nouveau mandat de cinq ans.

Arrivé au pouvoir en 1989 à la faveur d'un coup d'État et âgé de 71 ans, il est d'ores et déjà assuré d'être réélu puisque qu'il n'affronte que des candidats peu connus, et que la majorité de l'opposition boycotte le scrutin.

De ce fait, très peu d'électeurs se sont rendus aux urnes. De plus, des problèmes administratifs et des violences ont perturbé ces deuxièmes élections multipartites depuis 1989.

La faible participation, anticipée par les autorités qui ont fermé mercredi les bureaux de vote deux heures après l'horaire initialement prévu, est "gênante", a estimé un candidat briguant un siège de député pour une formation alliée du parti au pouvoir.

"Il n’y a absolument aucune compétition"

La n°2 du parti d'opposition Oumma, Maryam al-Mahdi, assurait pour sa part que le désintérêt manifesté par une grande partie des 13,3 millions d'électeurs "était attendu, car [le scrutin] n'apportera aucun changement".

"Béchir va rafler toutes les voix pour la présidentielle. Il n'y a absolument aucune compétition", a-t-elle ajouté. Oumma compte parmi les mouvements ayant organisé des sit-in pour dénoncer le contexte politique dans lequel se tiennent les élections.

Le vote a été perturbé dans près de 160 bureaux à travers le pays en proie à une grave crise économique et à plusieurs conflits armés impliquant régime et rebelles s'estimant marginalisés par le pouvoir.

Dans l'État de Jazira (centre), 152 bureaux n'ont pu ouvrir à temps, en raison d'"erreurs administratives" dans la distribution des bulletins, a expliqué la Commission électorale, en annonçant une prolongation du vote jusqu'à même vendredi dans cet État.

Dans l'État du Kordofan-Sud, où sévissent depuis 2011 les rebelles, trois bureaux de vote ont été attaqués puis fermés, a dit le chef de la commission électorale, Mokhtar al-Assam. Mardi des roquettes ont été tirées par les rebelles sur les villes de Kadugli et Dilling dans cet État mais le vote n'a pas été affecté.

Omar el-Béchir est réclamé par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité et génocide dans cette vaste région de l'ouest du Soudan, où, selon l'ONU, au moins 300 000 personnes sont mortes et 2,5 millions ont dû fuir les violences.

Les résultats définitifs des élections sont attendus fin avril.

Avec AFP
 

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