YÉMEN

Le médiateur de l'ONU au Yémen démissionne

Jamal Benomar revient d'une visite à Sanaa en septembre 2014 où il s'est entretenu avec des rebelles chiites.
Jamal Benomar revient d'une visite à Sanaa en septembre 2014 où il s'est entretenu avec des rebelles chiites. Mohamed Huwais, AFP

L’ONU a annoncé mercredi que le médiateur des Nations unies au Yémen avait présenté sa démission. Le Yémen subit depuis plusieurs semaines des frappes aériennes de la coalition menée par l’Arabie saoudite visant des positions des rebelles houthis.

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Peut-être faut-il y voir l'illustration de la complexité de la situation yéménite. Le médiateur de l’ONU au Yémen, Jamal Benomar, a présenté sa démission, ont annoncé mercredi 15 avril les Nations unies. Cette démission intevient alors que les morts et les victimes causées par les frappes de la coalition menée par l’Arabie saoudite s’intensifient sur les positions des rebelles chiites houthis.

Selon un communiqué de l'ONU, Jamal Benomar, envoyé spécial pour le Yémen du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, "a manifesté son souhait de changer d'affectation". "Un successeur sera nommé en temps voulu", ajoute le texte.

Un responsable de l’ONU estime que le Mauritanien Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, l'actuel chef de la mission de l'ONU pour la lutte contre Ebola, pourrait le remplacer.

Jamal Benomar, diplomate marocain de 58 ans, avait été officiellement nommé au poste de médiateur au Yémen en août 2012 par Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU. Celui-ci "apprécie grandement les efforts sans relâche déployés par M. Benomar au cours de ces années pour promouvoir le consensus et la confiance en vue d'une solution pacifique au Yémen", est-il écrit dans le communiqué de l'ONU.

Critiques dans le camp présidentiel

La démission de Jamal Benomar survient alors que le Conseil de sécurité lui avait renouvelé sa confiance mardi et avait adopté une résolution qui somme les Houtis de quitter le pouvoir et leur impose un embargo sur les armes et des sanctions.

Selon des diplomates, Jamal Benomar était vivement critiqué depuis quelques semaines par les partisans du président yéménite en exil Abd Rabbo Mansour Hadi et par leurs alliés du Conseil de coopération du Golfe (CCG), notamment l'Arabie saoudite. Ceux-ci ont lancé il y a trois semaines une opération militaire marquée par de nombreux raids aériens contre les positions des Houthis.

Les pays du Golfe accusent Jamal Benomar d'avoir été dupé par les Houthis, qui se sont engagés dans des pourparlers de paix tout en poursuivant leur offensive sur le terrain.

Soutenus par l’Iran, les Houthis sont entrés dans Sanaa en septembre avant d'en chasser les autorités loyales au président Hadi en janvier et d'entreprendre la conquête du sud. Après avoir pris des régions du centre et de l'ouest, ils sont arrivés à Aden le 26 mars, jour du déclenchement de la campagne aérienne arabe.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué mardi que le bilan des violences "depuis le début de l'escalade du conflit" au Yémen s'élevait à 736 morts et 2 719 blessés.

Mais le bilan réel est plus élevé, car de nombreux corps ne sont pas envoyés dans les centres médicaux, a souligné un porte-parole de l'OMS.

L'OCI demande une médiation indonésienne

L'Organisation de coopération islamique (OCI) a par ailleurs demandé jeudi 16 avril à l'Indonésie de faciliter l'ouverture de négociations sur le conflit au Yémen lors du sommet Asie-Afrique qui se tiendra la semaine prochaine.

"Nous avons reçu hier les ambassadeurs de l'OCI et ils ont  exprimé leur souhait de voir l'Indonésie contribuer à la résolution du conflit au Yémen", a dit Andi Widjajanto,
secrétaire du gouvernement indonésien.

Il n'a pas donné de détail sur la manière dont l'Indonésie, pays musulman le plus peuplé de la planète, avait l'intention de s'impliquer.

Avec AFP

 

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