AFRIQUE DU SUD

Nouvelles attaques de commerces étrangers à Johannesburg

Une femme crie contre les étrangers présents en Afrique du Sud, le 17 avril, dans le quartier de Jeppestown, à Johannesburg.
Une femme crie contre les étrangers présents en Afrique du Sud, le 17 avril, dans le quartier de Jeppestown, à Johannesburg. Mujahid Safodien, AFP Photo

Un nouvel épisode de violences a éclaté jeudi soir à Johannesburg. Des magasins tenus par des étrangers ont à nouveau été visés. Douze personnes ont été arrêtées.

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Une nouvelle série d’attaques dans le centre-ville de Johannesburg contre des magasins tenus par des étrangers, dans la nuit du jeudi 16 à vendredi 17 avril, a conduit à l’arrestation de 12 personnes. Cet épisode de violences s’inscrit dans la continuité des actes xénophobes qui ont commencé à Durban (est) début avril.

"Douze suspects ont été arrêtés pour avoir tenté de pénétrer dans des magasins tenus par des étrangers", a indiqué le porte-parole de la police Lungelo Dlamini vendredi matin, qui n'a fait état d'aucun blessé.

Selon des médias locaux, les assaillants venus d'un foyer de travailleurs ont pris à partie les étrangers en leur criant de quitter l'Afrique du Sud. Ils ont également incendié des voitures et brièvement affronté la police.

>> À voir sur France 24 : "Afrique du Sud : des immigrés persécutés trouvent refuge dans des camps"

Les incidents violents qui secouent Durban et désormais Johannesburg ont fait six morts depuis le début du mois.

Campagne de sensibilisation contre la xénophobie

La ministre sud-africaine des Affaires étrangères, Maite Nkoana-Mashabane, a reçu des ambassadeurs africains vendredi pour les assurer des efforts de Pretoria.

Jeudi, le président Jacob Zuma a lancé un appel au calme depuis la tribune du Parlement, affirmant notamment qu'"aucun degré de frustration ou de colère ne peut justifier des attaques contre des ressortissants étrangers ou le pillage de leurs magasins."

La Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (ECOWAS) a également condamné, jeudi dans un communiqué, les violences contre les résidents étrangers d’Afrique du Sud. "Nous accueillons positivement la déclaration de notre frère, Jacob Zuma, ainsi que son assurance d’une résolution pacifique de la situation, mais nous appelons à la mise en place urgente d’un plan national d’action, soutenu par une campagne de sensibilisation contre la xénophobie en Afrique du Sud", précise l’ECOWAS.

Depuis Genève, le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) a également sonné l'alarme. "En Afrique du Sud, les attaques xénophobes au cours des trois dernières semaines ont tué six personnes et déplacé plus de 5 000 étrangers", a déclaré un porte-parole de l'agence onusienne, Adrian Edwards.

"Ceux qui sont affectés par ces attaques xénophobes sont des réfugiés et des demandeurs d'asile ayant été obligés de fuir leur propre pays en raison de la guerre et des persécutions. Ils sont en Afrique du Sud car ils ont besoin d'être protégés", a-t-il souligné.

Condamnations en Afrique

Les pays d'origine des immigrés montent aussi au créneau. À Harare, capitale du Zimbabwe, une centaine de manifestants ont marché vendredi sur l'ambassade d'Afrique du Sud pour remettre une pétition. "Nous, Zimbabwéens solidaires avec nos frères africains, condamnons fermement et dénonçons les attaques xénophobes cruelles, insensées et effrayantes contre des étrangers, et le pillage de leurs biens en Afrique du Sud", indique le texte.

Le Zimbabwe, qui compte officiellement 250 000 immigrés en Afrique du Sud, a annoncé qu'il rapatrierait ceux de ses ressortissants qui en feraient la demande. Le Malawi avait fait la même annonce en début de semaine.

Au Mozambique, plus de 200 manifestants ont brièvement bloqué vendredi matin la route menant au poste-frontière de Ressano-Garcia, entre le Mozambique et l'Afrique du Sud. Ils ont interdit le passage de tous les véhicules immatriculés en Afrique du Sud, en représailles aux violences xénophobes des derniers jours.

Au Nigeria, le ministre des Affaires étrangères Aminu Wali a relevé qu'aucun de ses concitoyens n'avait été victime des récents incidents. En cas de besoin, "il est de notre devoir de nous assurer que nous pourrons rapatrier nos compatriotes", a-t-il cependant indiqué jeudi soir, ajoutant : "Nous n'acceptons pas que nos citoyens soient l'objet d'un tel traitement inhumain en Afrique du Sud."

Plus symbolique, une radio privée en Zambie a annoncé qu'elle ne diffuserait plus aucune musique d'artistes sud-africains.

En janvier, une explosion de violence xénophobe avait fait six morts à Soweto, près de Johannesburg. Le schéma des attaques est presque toujours similaire : des émeutiers s'en prennent à des magasins qu'ils pillent, et ils pourchassent les étrangers.

En 2008, une vague de xénophobie sans précédent avait fait 62 morts en Afrique du Sud.

Avec AFP
 

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