FRANCE

Le meurtre de Chloé soulève des questions sur la coopération judiciaire en Europe

Un habitant de Calais tient une pancarte à la mémoire de Chloé, tuée le 15 avril 2015.
Un habitant de Calais tient une pancarte à la mémoire de Chloé, tuée le 15 avril 2015. Philippe Huguen, AFP

Un Polonais de 38 ans Accusé du meurtre de Chloé à Calais était sous le coup d'une condamnation dans son pays. Ce drame soulève la question du fonctionnement de la justice polonaise, et relance le débat sur la "double peine"

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Deux jours après le meurtre de Chloé, une fillette de neuf ans enlevée, violée et tuée mercredi 15 avril à Calais par un Polonais condamné en France et par la justice de son pays, les questions fusent autour d’éventuelles failles juridiques.

"Je veux la vérité pour Chloé. J'ai besoin de savoir pourquoi une personne interdite de séjour sur notre territoire s'est retrouvée hier à Calais. La question est de savoir s'il n'y a pas un vide juridique avec la juridiction dont il dépend", à savoir la justice polonaise, a déclaré la sénatrice-maire de Calais, Natacha Bouchart (UMP), lors d'une conférence de presse jeudi.

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Condamné à deux reprises en France, notamment pour des vols avec violence, la dernière fois en 2010 à une peine de six ans de prison, ce Polonais de 38 ans a fait l'objet d'une mesure d'interdiction du territoire et a été remis par la France aux autorités polonaises le 27 mars 2014, en vertu d'un mandat d'arrêt européen.

Un tribunal polonais venait le juger pour des cambriolages commis en 2000 et de le condamner à un an de prison. Il n'était pas en détention préventive et avait encore quelques jours pour se présenter avant d'être considéré comme fugitif.

Une interdiction de territoire français "invalide"

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a demandé jeudi à la Pologne comment un de ses ressortissants qui a avoué le viol et le meurtre de la fillette avait pu enfreindre une interdiction de se rendre en France. "Une discussion est en cours actuellement avec les autorités polonaises de manière à établir les conditions dans lesquelles cette interdiction du territoire [français, NDLR] a été enfreinte par le criminel en question", a déclaré le ministre à la presse.

L’homme était arrivé à Calais de Varsovie mercredi et a dit aux enquêteurs avoir eu l'intention de se rendre chez sa sœur au Royaume-Uni mais, selon Jean-Pierre Valensi, procureur à Boulogne-sur-Mer, il n'était muni d'aucun titre de transport. "Il était en Pologne jusqu'à hier (mercredi) matin."

Le magistrat a par ailleurs précisé que l'interdiction du territoire français, qui avait été prononcée en 2014 par le même tribunal, n'était "pas applicable" au regard des infractions reprochées au délinquant polonais lors de son jugement et donc invalide juridiquement.

Tournure politique

Le drame calaisien n’a pas tardé à prendre une tournure politique. Marion Maréchal-Le Pen et de nombreux autres responsables du FN ont condamné le "laxisme" de la justice et dénoncé les failles de l'espace Schengen. Marine Le Pen, présidente du parti, a également a exprimé dans un tweet son désaccord avec la suppression de la double peine depuis la récente réforme pénale.

Autant de réactions qui ont provoqué la colère d’internautes, reprochant aux élus frontistes de récupérer ce drame à des fins politiques.

Avec AFP et Reuters

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