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Des Syriens témoignent des attaques au chlore devant le Conseil de sécurité

Une vidéo tournée dans un hôpital d'Idleb a été présentée jeudi 16 avril 2015  aux diplomates du Conseil de sécurité de l'ONU.
Une vidéo tournée dans un hôpital d'Idleb a été présentée jeudi 16 avril 2015 aux diplomates du Conseil de sécurité de l'ONU. Capture d'écran France 24

Deux médecins syriens ont été reçus jeudi par le Conseil de sécurité de l’ONU. Ils ont témoigné à huis clos sur des attaques au chlore qu’ont subi plusieurs villages. Un jeune survivant de l’attaque du mois d’août 2013 a également été entendu.

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La vidéo diffusée par les deux médecins syriens reçus à huis clos, jeudi 16 avril, par le Conseil de sécurité de l’ONU, a ému les diplomates aux larmes. Saher Sahloul, qui préside l'association médicale américano-syrienne, et Mohammed Tennari, qui a soigné les victimes d'une attaque présumée au gaz de chlore le 16 mars dernier contre le village de Sermine, dans le gouvernorat d'Idleb (nord-ouest), ont raconté aux ambassadeurs ou représentants adjoints des 15 pays membres du Conseil l’horreur des attaques chimiques au chlore.

La vidéo, tournée en mars dans un hôpital d’Idleb et qui montre des médecins tentant désespérément de ranimer des enfants en train de suffoquer, a été suivie "avec beaucoup, beaucoup d'émotion" par les diplomates, a rapporté Samantha Power, l'ambassadrice américaine aux Nations unies.

Qusai Zakarya, un jeune Syrien survivant d'une attaque chimique au gaz sarin perpétrée dans la banlieue de Damas le 21 août 2013, accompagnait les deux médecins. "J'ai dit au Conseil de sécurité que ce crime était resté impuni et que l'inaction du Conseil alimente l'extrémisme car elle nourrit le désespoir", a-t-il déclaré ensuite à la presse.

"Le gouvernement n’a payé aucun prix pour avoir commis un crime de guerre"

L'attaque du 21 août dans la Ghouta avait été attribuée par les Occidentaux et la Russie au régime syrien. Damas avait ensuite accepté, sous la menace de frappes américaines, de se débarrasser de son arsenal chimique sous supervision internationale, conformément à une résolution de l'ONU de septembre 2013.

Mais pour Washington, Londres et Paris, le régime syrien est également responsable des attaques au chlore perpétrées par la suite. Moscou maintient en revanche qu'il n'y pas de preuve formelle de la culpabilité du régime.

Pour déterminer qui en sont les auteurs, l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), qui a supervisé avec l'ONU le désarmement chimique syrien, mène une enquête sur l'utilisation de gaz de chlore en Syrie. Le Conseil se basera sur ses conclusions pour prendre éventuellement des mesures. "Tout porte à croire que [ces attaques] ont été menées avec des hélicoptères et seul le régime Assad a des hélicoptères", a souligné Samantha Power.

Six attaques, Damas pas inquiété

Selon HRW, les six attaques se sont produites entre le 16 et le 31 mars (lien en anglais) dans la province d'Idleb : trois contre la localité de Sermine, une contre la ville d'Idleb, une contre Qmenas et une sixième contre Binish. Elles ont causé la mort de six personnes à Sermine et 206 autres ont été affectées.

"Jusqu'à présent, le gouvernement syrien n'a payé aucun prix pour avoir commis un crime de guerre avec des armes chimiques interdites", a affirmé le directeur de HRW pour l'ONU, Philippe Bolopion.

L'OIAC a conclu en janvier que du gaz de chlore avait très probablement été utilisé l'an dernier contre trois villages du nord de la Syrie. Le Conseil a adopté le 6 mars 2015 une résolution condamnant l'utilisation du chlore comme arme chimique dans le conflit, sans toutefois désigner les coupables.

Avec AFP
 

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