AFGHANISTAN

Les autorités afghanes désignent l'EI après un attentat perpétré à Jalalabad

La rue de Jalalabad où s'est produit l'attentat  le 18 avril, maculée de sang,
La rue de Jalalabad où s'est produit l'attentat le 18 avril, maculée de sang, Noorullah Shirzada / AFP

Une attaque suicide devant une banque a fait au moins 33 morts et plus de 100 blessés samedi à Jalalabad, grande ville de l'est de l'Afghanistan. Les autorités locales affirment que cet attentat a été perpétré par l'organisation de l'État islamique.

Publicité

Un attentat-suicide perpétré devant une banque de Jalalabad, ville située près de la frontière Est avec le Pakistan, a fait au moins 33 morts et plus de 100 blessés, samedi 18 avril. Il s'agit de l'attentat le plus sanglant dans le pays depuis novembre. Un kamikaze s'était alors fait exploser au milieu des spectateurs lors d'un match de volley-ball dans la province de Paktika, tuant 57 personnes.

L'explosion est survenue au moment où des fonctionnaires étaient venus toucher leur salaire mensuel devant la succursale locale de la Kabul Bank, la principale banque privée du pays, ont indiqué les autorités de la province de Nangarhar, dont Jalalabad est la capitale.

Cet attentat a été revendiqué par des combattants ayant fait allégeance à l'organisation de l'État Islamique (EI). Le président afghan Ashraf Ghani a d'ailleurs indiqué que "Daesh a revendiqué cet attentat". Et dans un appel à l'AFP, Shahidullah Shahid, un ex-porte-parole des Taliban pakistanais (TTP) limogé après avoir rallier l'EI, a revendiqué cet attentat-suicide.

>> À lire sur France 24 : Attentat en Afghanistan : une cinquantaine de morts lors d'un match de volley

Si cette revendication est confirmée, il s'agirait alors du premier attentat commis par EI sur le sol Afghan. Selon Claire Debuyser, correspondante de France 24 à Islamabad au Pakistan, un porte-parole des Taliban s’est exprimé pour nier leur implication, et a même condamné l’attaque. Lles Taliban afghans du mollah Omar ont tendance à ne pas revendiquer les attentats faisant des victimes civiles. 

Au cours des derniers mois, les autorités afghanes ont répété leurs craintes de voir un nombre croissant de jihadistes locaux se rallier à l'EI qui contrôle des pans entiers de la Syrie et de l'Irak.

Une attaque "lâche"

Le président afghan Ashraf Ghani a vivement condamné cette l'attaque de Jalalabad, dont de nombreux enfants ont aussi été victimes, affirmant que de tels "attentats terroristes dans des lieux publics" sont en fait "les plus lâches".

Cet attentat survient au début de la "saison des combats", suscitée par le redoux printanier. Or, les forces afghanes sont pour la première fois cette année sur la "ligne de front" pour le début de cette période, car la mission de l'Otan dans le pays (Isaf) a mis fin à ses opérations en décembre 2014.

L'Otan maintient néanmoins une force résiduelle de 12 500 soldats, dont 9 800 Américains, mais qui reste principalement cantonnée à un rôle de formation des forces afghanes.

Cette nouvelle attaque intervient au moment où le président Ashraf Ghani tente de convaincre les Taliban du mollah Omar de s'engager dans un processus de paix afin de stabiliser un pays endeuillé par plus de trente-cinq années de conflits.

Le président Ghani s'est d'ailleurs tourné vers son voisin pakistanais, qui compte sur des relations historiques avec des leaders Taliban, afin de faire pression sur les insurgés pour qu'ils s'engagent dans le processus de paix.

Mais les Taliban refusent pour l'heure de participer à de tels pourparlers, exigeant au préalable le retrait des forces étrangères encore déployées dans ce pays et dont le mandat arrive à échéance à la fin 2016.

Avec AFP

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine