CUBA

Cuba : deux opposants au régime se présentent aux élections municipales

Capture d'écran
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Parmi les quelques 27 000 candidats se présentant dimanche aux élections municipales à Cuba se trouvent pour la première fois deux opposants au régime, Hildebrando Chaviano et Yuniel Lopez.

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Les Cubains élisent dimanche 19 avril leurs conseillers municipaux et, pour la première fois, deux opposants au régime de La Havane figurent parmi les 27 370 candidats. Hildebrando Chaviano, 65 ans, avocat et journaliste indépendant, et l'informaticien Yuniel Lopez, 26 ans, se présentent à La Havane.

Les 12 589 membres des 168 conseils municipaux de Cuba seront désignés à main levée au cours d'assemblées de quartiers.

"Il faut aller au-delà de la dénonciation et chercher des moyens de régler les problèmes que nous rencontrons", a déclaré samedi à l'AFP Hildebrando Chaviano, candidat dans un quartier du centre de la capitale. C'est "la maturité qu'a atteinte le peuple cubain" qui l'a décidé à se lancer, a-t-il expliqué.

Yuniel Lopez, militant du parti illégal Cuba indépendant et démocratique, regrette quant à lui que depuis le jour de sa candidature, "les autorités n'ont pas cessé de faire campagne contre" lui dans son quartier du sud de La Havane.

Candidat contre-révolutionnaire

Les deux candidats ont critiqué l'emploi du terme "contre-révolutionnaire" pour les désigner dans leurs biographies affichées par les autorités dans les centres électoraux, estimant qu'il s'agissait d'une manœuvre destinée à dissuader les électeurs de voter pour eux.

Le site indépendant 14ymedio.com a publié des photos de la biographie officielle du candidat Chaviano, sur laquelle on peut notamment lire : "En 2006, il a rejoint des groupes contre-révolutionnaires. (...) Actuellement, il s'emploie à rédiger des articles contre la Révolution financés par des institutions internationales et des organisations contre-révolutionnaires basées à l'étranger".

Le vote n'est pas obligatoire à Cuba, mais les partisans du régime font du porte-à-porte pour inciter la population à aller voter, tandis que les médias d'État battent le rappel aux urnes.

Le pouvoir affirme que le système électoral, datant de 1976, est "le plus démocratique et transparent", mais l'opposition, illégale, le dénonce, assurant que si le Parti communiste (unique) ne présente officiellement pas de candidats, il s'assure par son influence et le nombre de ses militants qu'aucun opposant ne soit élu.

Avec AFP

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