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IMMIGRATION CLANDESTINE

Méditerranée : plusieurs centaines de migrants meurent dans le naufrage d'un chalutier

Embarcation de migrants le 4 octobre 2014.
Embarcation de migrants le 4 octobre 2014. Marina militaire, AFP
4 mn

Le naufrage d'un bateau de migrants au large des côtes libyennes aurait fait plusieurs centaines de morts, selon le Haut commissariat aux Nations unies pour les réfugiés (HCR). Seules 28 personnes ont pu être secourues, selon la même source.

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Le naufrage d'un chalutier chargé de migrants, dans la nuit du samedi 18 au dimanche 19 avril au large de la Libye fait redouter une véritable "hécatombe" en Méditerranée avec quelque 700 morts, qui viendraient s'ajouter aux 450 victimes de la semaine dernière.

Ce chalutier a chaviré à environ 70 milles (130 km) des côtes libyennes avec à son bord plus de 700 personnes, selon le récit de 28 survivants récupérés par un navire marchand portugais, a indiqué aux télévisions italiennes Carlotta Sami, porte-parole du Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR).

Si ces chiffres étaient confirmés, il s'agirait de la "pire hécatombe jamais vue en Méditerranée", a-t-elle déclaré. Quelque 24 cadavres ont été récupérés, selon les garde-côtes italiens, qui ne confirment pas le chiffre de 700 personnnes à bord, mais précisent dans un communiqué que ce chalutier de 20 mètres de long "est en capacité de tranporter plusieurs centaines de personnes".

Le bateau a lancé dans la nuit un appel au secours reçu par les garde-côtes italiens, qui ont aussitôt demandé à un cargo portugais de se dérouter. À leur arrivée sur les lieux, l'équipage a vu le chalutier chavirer, selon un communiqué des garde-côtes italiens. C'est probablement quand les centaines de migrants à bord se sont précipitées tous du même côté à l'arrivée du cargo portugais que le drame est survenu, selon cette source.

L'UE appelée à la rescousse

Une importante opération de secours, coordonnée par les gardes-côtes italiens, a été mise en place avec le concours de quelque 17 navires des marines italienne et maltaise notamment.

À la faveur du chaos en Libye et du beau temps qui s'est installé sur cette partie de la Méditerranée, le flux de migrants qui s'embarquent depuis les côtes libyennes ne cesse de grossir.

Entre 500 et parfois 1 000 personnes sont chaque jour récupérées par les garde-côtes italiens ou des navires marchands. Plus de 11 000 ont ainsi été récupérés en une seule semaine, selon les garde-côtes.

Plusieurs organisations internationales et humanitaires ont dénoncé ces derniers jours l'incurie des autorités européennes. "Il faut une opération Mare nostrum européenne", a ainsi réclamé la porte-parole du HCR. L'opération italienne Mare nostrum de sauvetage des migrants a été remplacée cette année par l'opération Triton, une opération de surveillance des frontières beaucoup plus modeste.

L'Italie, en première ligne face à la Libye d'où partent l'essentiel de ces migrants, réclame elle aussi davantage de moyens. "L'UE est la plus grande superpuissance économique de notre époque et il n'est pas possible qu'elle ne consacre que trois millions d'euros par mois à l'aide aux migrants", a ainsi déclaré vendredi le ministre italien des Affaires étrangères Paolo Gentiloni.

L'Allemagne, l'Italie, la France et la Slovaquie avaient rendu publique vendredi une déclaration commune pour réclamer une solution "forte" au niveau européen.

Un nouvel appel du pape

Après ce nouveau naufrage, le pape François a appelé dimanche la communauté internationale à "agir avec décision et rapidité" face à la multiplication des tragédies en Méditerranée.

Les migrants sont "des hommes et des femmes comme nous", a déclaré le souverain pontife devant des milliers de fidèles place Saint-Pierre, lançant un nouvel appel à la communauté internationale afin qu'elle "agisse avec décision et rapidité pour éviter que les tragédies ne se répètent".

En décembre dernier, le pape François avait déjà lancé un appel devant le Parlement européen, en estimant qu'il n'était pas tolérable que la Méditerranée devienne "un grand cimetière"

Invité de l'émission "Le Supplément" sur Canal+, François Hollande a déploré cette "catastrophe". Il a réclamé une "réunion rapide" des ministres européens de l'Intérieur et des Affaires étrangères. L'Union européenne a de son côté annoncé l'organisation d'une telle réunion d'urgence.

Le président a insisté sur l'importance de fournir plus de moyens au niveau européen pour venir en aide aux migrants, notamment des bateaux de surveillance, et de "mener une lutte plus intense par rapport aux trafics".

"Ceux qui mettent des gens sur les bateaux, ce sont des trafiquants, ce sont sans doute même des terroristes, car ils savent parfaitement que ces bateaux sont pourris", a déclaré le président Hollande.

Avec AFP

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