AFRIQUE DU SUD

Violences xénophobes en Afrique du Sud : le roi des Zoulous nie toute responsabilité

Le roi des Zoulous, Goodwill Zwelithini, à son arrivée au grand stade de Durban, lundi 20 avril.
Le roi des Zoulous, Goodwill Zwelithini, à son arrivée au grand stade de Durban, lundi 20 avril. Stringer, AFP

Lundi, au cours d’un meeting à Durban, le roi des Zoulous a réfuté toute responsabilité dans les violences xénophobes qui secouent l’Afrique du Sud. Le 23 mars, il avait appelé les étrangers à "faire leurs bagages et partir".

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Sa réaction était attendue, il l’a exprimée dans le grand stade de Durban devant plusieurs milliers de personnes. Le roi des Zoulous, Goodwill Zwelithini, accusé d'avoir provoqué une vague de violences xénophobes en Afrique du Sud, a rejeté lundi 20 avril toute responsabilité dans ces incidents qui ont fait au moins sept morts et des milliers de déplacés en à peine 15 jours.

"Tous les gens qui m'écoutaient à Pongolo (le 23 mars, NDLR) comprennent bien le zoulou (...). On a donné au public une version déformée et mal interprétée de mon discours", a-t-il déclaré – toujours en zoulou – au cours d'un meeting dans le grand stade de Durban (est), la métropole du pays zoulou. Les médias avaient alors rapporté qu'il avait appelé les étrangers à "faire leurs bagages et quitter" le pays. "Mon discours à Pongolo était destiné à la police, appelant à une meilleure application de la loi" afin de lutter contre la criminalité et l'immigration illégale, a assuré Goodwill Zwelithini, qui était habillé à l'occidentale.

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Le roi zoulou n'a, dit-il, jamais ordonné à ses quelque 12 millions de sujets (plus de 22 % de la population sud-africaine) d'attaquer des étrangers. "Si j'avais dit ça, il ne resterait plus rien !" "Cette violence est destinée à diviser les Africains et à nous dresser les uns contre les autres (…) Cette violence envers nos frères et sœurs est une honte. (...) Protégeons nos frères et sœurs africains", a-t-il lancé aux côtés des responsables politiques de la région.

Message de fermeté du gouvernement sud-africain

Le calme semblait revenu lundi dans la nation arc-en-ciel, notamment dans les agglomérations de Durban et de Johannesburg, particulièrement touchées. Dimanche, le gouvernement sud-africain a envoyé "un avertissement sérieux" aux auteurs des violences xénophobes. "Nous vous trouverons et vous aurez à affronter la loi dans toute sa rigueur", a lancé le ministre de l'Intérieur Malusi Gigaba, lors d'une conférence de presse retransmise en direct par la télévision dimanche matin. "Il est temps pour l'Afrique du Sud de se dresser, unie, pour endiguer la vague de violence (...) et les actes qui menacent de plonger notre pays dans l'anarchie", a poursuivi le ministre. "La priorité est de restaurer la paix et l'ordre", a-t-il dit.

Accusé de passivité aux premiers jours des incidents, le président Jacob Zuma a tenté de reprendre la main : il a finalement annulé samedi un voyage de plusieurs jours en Indonésie, et s'est rendu dans la soirée à Durban pour y rencontrer des étrangers regroupés dans un camp après avoir fui leurs quartiers pour échapper aux agressions. Il les a enjoints à rester en Afrique du Sud, mais l'accueil a été globalement hostile. "Trop tard, trop tard !", "Rentre chez toi, rentre chez toi !", lui a crié la foule.

Certains n’ont peut-être pas oublié qu’en janvier, le président sud-africain déclarait encore : "Les étrangers ne peuvent pas être propriétaires de nos terres." Et que début avril – soit après les propos controversés du roi des Zoulous –, l’un de ses fils, Edward Zuma, brandissait la peur d’un "coup d’État" fomenté par les étrangers résidant en Afrique du Sud.

Avec AFP

 

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