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Le correspondant du "Washington Post" à Téhéran sera jugé pour "espionnage"

Le journaliste irano-américain Jason Rezaian, 39 ans, est détenu depuis neuf mois en Iran (archives).
Le journaliste irano-américain Jason Rezaian, 39 ans, est détenu depuis neuf mois en Iran (archives). Freejasonandyegi.com

Détenu en Iran depuis neuf mois, Jason Rezaian sera jugé pour "espionnage" et "collaboration avec des gouvernements hostiles". Des accusations jugées "absurdes et abjectes" par l'employeur du journaliste irano-américain, le "Washington Post".

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Il est détenu depuis près de neuf mois en Iran. Le correspondant du "Washington Post" à Téhéran, Jason Rezaian, sera jugé pour "espionnage" et "collaboration avec des gouvernements hostiles", a indiqué son avocate, lundi 30 avril. Une affaire qui risque de provoquer de nouvelles tensions entre la République islamique et les États-Unis.

Le rédacteur en chef du quotidien américain, Martin Baron, a aussitôt qualifié d'"absurdes et abjectes" ces accusations dévoilées par Me Leïla Ahsan qui, pour la première fois depuis qu'elle a pris le dossier en charge début mars, a pu discuter avec son client lundi.

Jason Rezaian, journaliste irano-américain, a été arrêté le 22 juillet 2014 à son domicile de Téhéran avec son épouse Yeganeh Salehi, également journaliste, qui a depuis été libérée. Jusqu'ici, les charges qui pesaient contre lui n'avaient pas été annoncées, mais la presse conservatrice iranienne a évoqué récemment des accusations de transmission d'informations d'ordre économique à la CIA.

"Il est accusé d'espionnage, de collaboration avec des gouvernements hostiles, de collecte d'informations confidentielles et de propagande contre la République islamique", a expliqué à l'AFP son avocate, en assurant que ces accusations ne se fondaient pas sur des "preuves établies".

"Bon moral"

Jason Rezaian "est un journaliste et la nature du métier de journaliste est d'avoir accès aux informations et de les publier", a dit Me Leïla Ahsan, assurant que son client, âgé de 39 ans, n'avait "pas eu accès à des informations confidentielles de façon directe ou indirecte".

L'avocate, qui dit avoir eu un accès complet au dossier de son client, a estimé que les accusations de collaboration ne tenaient pas car "selon les règles du droit international, l'Iran et les États-Unis ne sont pas considérés comme des pays hostiles" l'un envers l'autre, puisqu'ils ne sont pas en état de guerre.

Le journaliste, qui a souffert d'ennuis de santé depuis son arrestation, a un "bon moral", a-t-elle expliqué, soulignant qu'elle avait fait plusieurs demandes de libération sous caution, toutes rejetées. Aucune date n'a encore été annoncée pour la tenue de son procès.

Un peu plus tôt lundi, le chef du département de la justice de Téhéran, Gholamhossein Esmaïli, avait affirmé que le dossier contre le journaliste irano-américain comportait "différents aspects" et qu'il était "volumineux".

Son dossier d'accusation a été transmis en janvier au tribunal révolutionnaire, qui juge habituellement les affaires portant sur des crimes politiques ou touchant à la sécurité nationale.

Accusations "sérieuses", selon Téhéran

L'incarcération de Jason Rezaian à la prison d'Evine, dans le nord de la capitale, a provoqué de nouvelles tensions entre l'Iran et les États-Unis alors que les deux pays, qui ont rompu leurs relations diplomatiques après la Révolution islamique de 1979, sont engagés dans des négociations difficiles sur le programme nucléaire controversé de Téhéran.

En mars, le président américain, Barack Obama, avait appelé le gouvernement iranien à libérer le journaliste. Mais l'Iran, qui ne reconnaît pas la double nationalité, affirme que le dossier est purement iranien. Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a indiqué la semaine dernière que le journaliste était sous le coup d'accusations "sérieuses" et affirmé qu'il fallait "laisser la justice travailler sans tenter de l'influencer".

L'avocate du correspondant a dit "espérer" que la conclusion d'un accord global entre l'Iran et les grandes puissances sur le nucléaire aurait une influence sur le dossier et accélèrerait la libération de son client.

Avec AFP

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