YÉMEN

Les violences au Yémen ont fait près de 1 000 morts, le système de santé s'effondre

Un homme reçoit des soins dans l'hôpital de Sanaa, le 21 avril 2015, après avoir été frappé par une frappe de la coalition menée par Riyad.
Un homme reçoit des soins dans l'hôpital de Sanaa, le 21 avril 2015, après avoir été frappé par une frappe de la coalition menée par Riyad. Mohammed Huwais, AFP

Alors que les combats au Yémen ont fait près de 1 000 morts, selon l'OMS, le pays est sur le point de voir son système de santé s'effondrer. Le ministère de la Santé redoute que les hôpitaux ne soient bientôt plus capables d'assurer les soins.

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Les violences au Yémen ont causé la mort de 944 personnes et 3 487 autres ont été blessées depuis le 19 mars, selon un bilan publié mardi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’OMS redoute néanmoins que le bilan réel ne soit bien plus élevé en raison des nombreux corps qui ne sont pas transférés dans les centres médicaux, et que le nombre des victimes augmente rapidement.

Les systèmes de santé et de soins au Yémen sont en effet en train de s’effondrer en raison des violences et de leurs dommages collatéraux : pénurie d’électricité, d’eau potable et de médicaments ; prise de risque croissante des personnels soignants ; difficultés d’accès aux centres de soins pour les blessés et les malades ; pénurie de carburant qui interrompt le travail des ambulanciers, etc.

D’après le ministère yéménite de la Santé publique et de la Population, la majorité des hôpitaux seront bientôt incapables d’assurer des soins et des interventions chirurgicales. Les organisations humanitaires se sentent également démunies. Il y a déjà six jours, Frédéric Joly, porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), tirait la sonnette d’alarme sur les moyens limités de son organisation. "Le CICR a pu apporter des générateurs électriques et des stations d’approvisionnement en eau, mais c'est bien insuffisant par rapport aux besoins de plus en plus criants ", prévenait-il sur France 24.

Augmentation des maux, baisse des consultations

Les coupures de courant menacent par ailleurs d’interrompre la chaîne de froid des vaccins, ce qui laisserait des millions d’enfants de moins de cinq ans sans vaccination. Cela augmenterait le risque de maladies contagieuses telles que la rougeole ou la polio qui avait été éradiquée mais qui peut désormais réapparaître.

La pénurie d’eau potable entraîne aussi une hausse du risque de diarrhées et d’autres maladies. "Au cours des quatre dernières semaines, les autorités nationales de surveillance des maladies ont signalé un doublement du nombre des diarrhées hémorragiques chez les enfants de moins de cinq ans, de même qu’une hausse des cas de rougeole et des cas suspects de malaria", indique l’OMS.

Des taux élevés de malnutrition chez les femmes et les enfants de moins de cinq ans ont aussi été signalés, selon le Dr Ahmed Shadoul, représentant de l’OMS au Yémen. Pourtant, malgré l’augmentation substantielle de tous ces maux, les consultations journalières dans les centres de santé ont baissé de 40 %, les malades n’osant pas braver les violences de la rue pour aller se faire soigner.

Avec AFP
 

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