ÉTHIOPIE

Vidéo : à Addis-Abeba, des milliers d'Éthiopiens défilent contre l'EI

À l'appel du gouvernement, des dizaines de milliers d'Éthiopiens ont défilé dans les rues d'Addis-Abeba, le 22 avril 2015.
À l'appel du gouvernement, des dizaines de milliers d'Éthiopiens ont défilé dans les rues d'Addis-Abeba, le 22 avril 2015. Capture d'écran France 24

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées à Addis-Abeba pour dénoncer le meurtre, en Libye, de 28 chrétiens éthiopiens par le groupe État islamique. Des manifestants en ont profité pour exprimer leur colère envers les autorités.

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Fait rare en Éthiopie, des dizaines de milliers de personnes ont participé, mercredi 22 avril, à Addis-Abeba, la capitale, à une manifestation organisée par le pouvoir contre le groupe État islamique (EI), responsable de l'exécution de 28 chrétiens éthiopiens en Libye.

Le rassemblement visait à canaliser l'émotion et la colère suscitées par le meurtre des ressortissants éthiopiens par l’organisation jihadiste. Répondant à l'appel des comités de quartier, efficaces relais locaux du pouvoir, la foule a commencé à se rassembler au petit matin, pour finalement largement déborder de Meskel Square, la place centrale de la capitale éthiopienne.

Une grande partie des manifestants portaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire l'"EI n'est pas l'islam" ou "Notre paix et notre unité ne seront jamais brisées par les extrémistes".

Lourd tribut

Fuyant la pauvreté, de nombreux Éthiopiens quittent leur pays, deuxième d'Afrique par sa population (plus de 90 millions d'habitants, dont deux tiers de chrétiens) dans l'espoir de trouver un travail à l'étranger. Beaucoup se rendent en Libye, où l’EI a pris pied, et dans d'autres pays d'Afrique du Nord pour trouver un emploi, mais aussi pour monter à bord d'embarcations de fortune et tenter de gagner les côtes européennes.

Le pays paie un lourd tribut au drame de l'immigration clandestine qui se déroule semaine après semaine en Méditerranée et qui, dimanche encore, a sans doute vu 800 personnes périr dans le naufrage d'un chalutier surchargé, au large de la Libye.

>> À voir sur France 24 : "L'Éthiopie pleure ses ressortissants exécutés par des jihadistes de l'EI"

Mercredi, de petits groupes de manifestants en ont profité pour exprimer leur colère envers les autorités, dans un pays où toute contestation est sévèrement réprimée, ce qui a donné lieu à quelques heurts avec la police en fin de rassemblement. Malgré une présence policière massive, des slogans hostiles au gouvernement se sont aussi fait entendre dans la manifestation. "Nous sommes fatigués des discours et de la propagande. Nous voulons des actes ! Vengeance pour nos frères !", criait un groupe de jeunes, rapidement entouré par un cordon de police.

"Leur sang n'est pas le sang d'animaux"

"Nos frères ont été assassinés. Le gouvernement doit faire quelque chose. Leur sang n'est pas le sang d'animaux", a affirmé Anteneh Tefera, un jeune manifestant. "L'Éthiopie envoie des troupes en Somalie, au Liberia, au Burundi, mais le gouvernement n'est pas capable de protéger ses propres citoyens !", a pesté Messay, un enseignant.

En fin de rassemblement, quelques affrontements ont opposé des manifestants et des membres des forces de l'ordre, a constaté un photographe de l'AFP. Quelques policiers ont été légèrement blessés et la police a fait usage de gaz lacrymogènes, selon le photographe.

Avec AFP

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