TERRORISME

Manuel Valls : "C'étaient les chrétiens de France qui étaient visés"

Le Premier ministre français Manuel Valls lors de sa visite aux églises de Villejuif, le 22 avril 2015.
Le Premier ministre français Manuel Valls lors de sa visite aux églises de Villejuif, le 22 avril 2015. Kenzo Tribouillard, AFP

Le Premier ministre s'est rendu mercredi dans les églises de Villejuif, cibles potentielles d'attentats déjoués, pour exprimer son soutien à la communauté catholique et rappeler que la menace terroriste est un "défi permanent".

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Après l'annonce de l'arrestation d'un homme soupçonné de vouloir mener un attentat contre deux églises de Villejuif, en région parisienne, Manuel Valls s’est rendu mercredi 22 avril dans la ville du Val-de-Marne pour y exprimer son soutien à la communauté catholique.

"En janvier c’est la liberté d’expression, les forces de l’ordre, les Français juifs qui ont été visés", a déclaré le Premier ministre, faisant référence aux attentats qui ont fait 17 morts à Paris et Montrouge. "Cette fois-ci sans doute (...) c’étaient les chrétiens, les catholiques de France qui étaient visés", a ajouté le chef du gouvernement qui était accompagné du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.

Les églises peu surveillées

Alors que les lieux de culte juifs font l’objet d’une surveillance renforcée depuis les attentats de janvier, le patrimoine chrétien de la France reste moins protégé. Sur les 45 000 églises que compte l'Hexagone, 200 seulement - celles qui reçoivent jusqu'à 1 500 visiteurs par jour comme la cathédrale Notre-Dame de Paris -  bénéficient d'une protection permanente. Un manque de sécurité qui bénéficie au terrorisme.

"Dans le choix des églises, il y a aussi une composante classique du terrorisme, explique à France 24 Pierre Conesa, expert en stratégie et maître de conférence à Sciences Po Paris. On va toujours frapper dans l'endroit qui est le moins protégé. Par ailleurs, les églises restent hautement symboliques et ce qu'on recherche avant tout dans un attentat, c'est son impact médiatique."

Aucun dispositif de sécurité supplémentaire n'a néanmoins été annoncé mercredi. "Il [le patrimoine chrétien] doit être protégé mais il doit rester ouvert, accessible", a dit Manuel Valls, sans plus de précision. Plus tôt dans la journée, François Hollande a simplement assuré du  maintien du plan Vigipirate jusqu'à nouvel ordre. "Nous sommes toujours sous la menace terroriste. (…) C’est la raison pour laquelle j’avais maintenu le plan Vigipirate à son niveau le plus élevé depuis le début des attentats du mois de janvier. (…) Nous continuerons à mettre ce dispositif en place, et j’allais dire même en mouvement, autant qu’il sera nécessaire", a déclaré le président lors de la conférence de presse conjointe avec le président ukrainien, Petro Porochenko. 

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"Un défi permanent"

Comme l’a rappelé François Hollande, "ce n’est pas le premier [attentat déjoué], il y en a eu d’autres dans ces dernières semaines et ces derniers mois". Selon les experts du renseignement, cinq ou six attentats ont été déjoués depuis la série d'attentats terroristes à Paris et en banlieue qui ont visé, en janvier dernier, "Charlie Hebdo", une policière municipale et un supermarché casher, faisant au total 17 morts. Selon Manuel Valls, la menace terroriste reste majeure en France. 

"Je veux rappeler (…) que ce sont plusieurs attentats qui ont été déjoués, des dizaines de suspects interpellés, soit parce qu’ils préparaient un attentat, soit parce qu’ils voulaient se rendre en Syrie. C’est un défi permanent. Jamais nous n’avons été mis, dans l’histoire contemporaine, face à une telle menace", a martelé le Premier ministre. 

D’après un rapport sénatorial publié le 8 avril, 1 432 Français ont quitté la France à destination des zones de jihad en Syrie et en Irak, un chiffre en augmentation de 84 % comparé à celui de janvier 2014.

Avec AFP et Reuters

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