INDONÉSIE

Affaire Atlaoui : Jakarta aurait donné l'ordre de préparer l'exécution

Le Français Serge Atlaoui dans la prison située sur l'île de Nusakambangan, au sud de Java, en 2010.
Le Français Serge Atlaoui dans la prison située sur l'île de Nusakambangan, au sud de Java, en 2010. Bay Ismoyo, AFP

D'après une source de l'AFP, le gouvernement indonésien aurait donné, jeudi, l'ordre de préparer l'exécution du Français Serge Atlaoui, condamné à mort pour trafic de drogue. Aucune annonce officielle n'a cependant été faite.

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Les espoirs se réduisent de jour en jour pour Serge Atlaoui. Selon une information de l’AFP, le gouvernement indonésien a annoncé jeudi 23 avril avoir donné l'ordre de préparer son exécution ainsi que celle de neuf autres condamnés à mort. Aucune date n'a cependant été fixée.

"L'ordre a été donné de lancer les préparatifs", a déclaré le porte-parole du bureau du procureur général, Tony Spontana, sans plus de détails à l'AFP. En cas de confirmation, les 10 condamnés, originaires d'Australie, France, Brésil, Philippines, Nigeria, Ghana et Indonésie, seront alignés ensemble devant un peloton d'exécution.

"Il faut rester prudent"

Contacté par France 24, l’avocat français de Serge Atlaoui, Me Richard Sedillot, appelle à prendre cette information avec "beaucoup de prudence". "Il n’y a pas eu d’annonce officielle", rappelle-t-il. Jeudi à 20 heures (à Paris), ni l’avocate indonésienne du prévenu, ni sa famille, ni l’ambassadrice de France en Indonésie, Corinne Breuzé, n’avaient été prévenus.

"Est-ce une nouvelle fois de l’esbroufe du procureur – qui réclamait l’exécution de Serge avant même la décision de justice – ou une information réelle – ce qui est aussi possible ? Nous n’avons pas de réponse à cette heure", a ajouté Me Sedillot.

Incarcéré depuis 10 ans dans ce pays d'Asie du Sud-Est, Serge Atlaoui a été arrêté en 2005 dans un laboratoire clandestin de production d'ecstasy près de Jakarta et condamné en 2007 à la peine capitale. Cet artisan soudeur s'est toujours défendu d'être un trafiquant de drogue, affirmant qu'il n'avait fait qu'installer des machines industrielles dans ce qu'il pensait être une usine d'acrylique.

La diplomatie française toujours mobilisée

La France, farouchement opposée à la peine de mort abolie en 1981, ne cesse de hausser le ton depuis le rejet du dernier recours du Français mardi par la Cour suprême d'Indonésie. Dans une lettre adressée jeudi à son homologue indonésien, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, met en cause les failles de la justice indonésienne. L’intéressé "n'a pas bénéficié du plein exercice de ses droits", a indiqué le diplomate français.

Le ministre français affirme en outre que Serge Atlaoui a été victime d'un "traitement expéditif", et a été "condamné à mort par une décision qui comporte des affirmations erronées".

Cette exécution "serait dommageable pour l'Indonésie, dommageable pour les relations que nous voulons avoir avec elle", avait déclaré mercredi François Hollande.

Avec AFP 

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