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L'Église arménienne canonise les 1,5 million de victimes du génocide

Il s'agit de la canonisation la plus importante numériquement parlant jamais décidée par une Église chrétienne.
Il s'agit de la canonisation la plus importante numériquement parlant jamais décidée par une Église chrétienne. Kirill Kudryavtsev, AFP

À la veille des cérémonies de commémoration du centenaire du génocide arménien, l'Église arménienne a canonisé, à Erevan, les 1,5 million de victimes tuées par les Turcs ottomans.

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À 19 h 15 exactement près d’Erevan, heure symboliquement choisie en référence à l'année 1915, l'Église arménienne mettait fin à la cérémonie de canonisation des 1,5 million de victimes du génocide arménien, perpétré par les Turcs ottomans. Puis, à l’unisson, plusieurs églises arméniennes à travers le monde ont sonné avant qu’une minute de silence ne soit respectée par la communauté de croyants.

À la veille des commémorations officielles du centenaire des massacres, l'office a été célébré par le chef de l'Église arménienne, le Catholicos Karékine II, à Etchmiadzin, à une vingtaine de kilomètres de la capitale Erevan, devant un édifice du IVe siècle considéré comme la cathédrale chrétienne la plus ancienne au monde.

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"Plus d'un million d'Arméniens ont été déportés, tués, torturés, mais ils sont restés fidèles au christ", a souligné le Catholicos Karékine II, lors de la canonisation, la plus importante numériquement parlant jamais décidée par une Église chrétienne.

Vendredi, des centaines de milliers de personnes sont attendues à Erevan pour une cérémonie commémorative au Mémorial des victimes du génocide arménien. Parmi les invités, les présidents russes Vladimir Poutine et français François Hollande. Des cérémonies commémoratives auront également lieu de Los Angeles à Stockholm, en passant par Paris et Beyrouth.

La bataille de la mémoire

Les Arméniens estiment que 1,5 million de personnes - désormais reconnues comme saintes - ont été tuées de manière systématique entre 1915 et 1917, lors des dernières années de l'Empire ottoman. Une vingtaine de pays, parmi lesquels la France et la Russie, ont reconnu qu'il s'agissait là d'un génocide.

La Turquie, de son côté, récuse toujours le terme de "génocide" et évoque pour sa part une guerre civile en Anatolie, doublée d'une famine, dans laquelle 300 000 à 500 000 Arméniens et autant de Turcs ont trouvé la mort. Ces derniers jours, la Turquie avait déjà été très irritée par les déclarations du pape François, qui a parlé pour la première fois du "génocide" des Arméniens, et par le Parlement européen qui a demandé à Ankara de reconnaître le génocide.

En avril 2014, Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre, avait fait un geste inédit, en présentant ses condoléances pour les victimes arméniennes de 1915, sans pour autant cesser de contester toute volonté d'extermination.

Avec AFP

 

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