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Génocide des Arméniens : l'Allemagne reconnaît sa "coresponsabilité"

Le président allemand, Joachim Gauck, dans la cathédrale de Berlin où il a reconnu le génocide arménien, le 23 avril 2015.
Le président allemand, Joachim Gauck, dans la cathédrale de Berlin où il a reconnu le génocide arménien, le 23 avril 2015. AFP

À la veille des cérémonies de commémoration du centenaire de ce massacre, le président allemand Joachim Gauck a reconnu le "génocide" des Arméniens. Évitant de stigmatiser la Turquie, il a aussi souligné la responsabilité allemande.

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L'Allemagne a reconnu, jeudi 23 avril, par la voix de son président Joachim Gauck, le génocide arménien et souligné la "coresponsabilité" allemande dans ce crime. C'est la première fois que l'Allemagne utilise officiellement le terme de "génocide" pour évoquer ces massacres.

"Nous devons également, nous Allemands, faire notre travail de mémoire", a-t-il déclaré, évoquant "une coresponsabilité, et même, potentiellement, une complicité (de l'Allemagne) dans le génocide des Arméniens", lors d'une cérémonie religieuse à Berlin, à la veille des commémorations officielles du centenaire des massacres perpétrés par les Turcs ottomans, qui ont fait 1,5 million de victimes entre 1915 et 1917.

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Dans son discours prononcé lors d'une cérémonie œcuménique dans la cathédrale protestante de Berlin, Joachim Gauck, un ancien pasteur de RDA, a insisté sur les responsabilités allemandes. Des militaires allemands "ont participé à la planification et pour une part à la mise en place des déportations" d'Arméniens, a-t-il relevé.

Dans un texte publié lundi, et qui devait être discuté vendredi au Bundestag, les groupes parlementaires allemands n'étaient pas allés aussi loin que le président, se contentant d'établir un lien entre le massacre des Arméniens et les "génocides" du XXe siècle. L'initiative avait obtenu le soutien du gouvernement allemand, après d'âpres débats.

Risque de froisser la Turquie

Par ses déclarations, Joachim Gauck prend le risque de froisser la Turquie car si une vingtaine de pays, dont la France et la Russie, ont déjà franchi le pas, Ankara rejette toujours le terme de "génocide". Or la Turquie reste un allié important que Berlin s'est toujours efforcé de ménager sur ce sujet. L'Allemagne abrite en effet la première communauté turque à l'étranger, estimée à environ trois millions de personnes.

Ankara avait déjà été très irrité par le parlement autrichien qui a reconnu mercredi le génocide arménien, une première dans ce pays allié, comme l'Allemagne, à l'Empire ottoman durant la Première Guerre mondiale. La Turquie a réagi en rappelant pour consultation son ambassadeur en Autriche.

Les déclarations du pape François et du Parlement européen qui a demandé aux Turcs de reconnaître le génocide avaient également provoqué un tollé à Ankara.

Avec AFP 

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