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Burundi : Nkurunziza désigné candidat pour un troisième mandat, bras de fer annoncé

Le président Pierre Nkurunziza (au centre) célèbre sa nomination pour la présidentielle, le 25 avril à Bujumbura.
Le président Pierre Nkurunziza (au centre) célèbre sa nomination pour la présidentielle, le 25 avril à Bujumbura. Landry Nshimiye, AFP

Le président burundais Pierre Nkurunziza a été désigné, samedi, par son parti, candidat à l'élection présidentielle de juin. L'opposition appelle à manifester contre une candidature qu'elle juge anticonstitutionnelle.

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Le parti au pouvoir au Burundi a tranché : c’est le président sortant, Pierre Nkurunziza, qui le représentera à la présidentielle du 26 juin. "Nous voulons annoncer aux communautés nationale et internationale que le militant qui a été choisi pour nous représenter aux élections est Pierre Nkurunziza", a annoncé Pascal Nyabenda, le chef du parti au pouvoir CNDD-FDD, réuni en congrès samedi 25 avril. "Il a le droit de se faire élire", a-t-il ajouté, à l'issue d'un congrès réunissant 900 délégués, en présence du président sortant, à Bujumbura, la capitale, quadrillée pour l'occasion de militaires et de policiers.

Ex-chef rebelle, grand sportif et protestant "born again", Pierre Nkurunziza, 51 ans, est à la tête de l'État depuis 2005. Sa désignation par le CNDD-FDD ne constitue pas une surprise tant il n'a jamais caché son intention de briguer un troisième mandat.

Vendredi, à Bujumbura, l'amerture régnait

Une manifestation prévue dimanche malgré l'interdiction

Mais l'opposition et de nombreux pans de la société civile sont fermement opposés à ce troisième mandat, jugé contraire à la Constitution – qui ne prévoit que deux mandats – et aux accords d'Arusha qui avaient ouvert la voie à la fin de la longue guerre civile burundaise (1993-2006). L'opposition a appelé à des manifestations "pacifiques" dès dimanche afin de contrer ce qu'elle qualifie de "coup d'État" et contraindre Pierre Nkurunziza à renoncer à cette candidature.

Le gouvernement a multiplié les mises en garde contre toute tentative de "soulèvement" ces dernières semaines et menacé de faire intervenir l'armée. Il a interdit les manifestations dans tout le pays à partir de samedi. Seuls sont autorisés les meetings électoraux. Dès la semaine dernière, le ton était donné par les autorités : une soixantaine de personnes ont été arrêtées et inculpées de "participation à un mouvement insurrectionnel", infraction passible de la prison à perpétuité, lors de premiers mouvements de rue contre ce troisième mandat annoncé.

Dans ce petit pays d'Afrique des Grands Lacs, où la société civile est très active, un bras de fer semble donc s'annoncer. Aucun des avertissements lancés ces derniers mois contre les risques de dérapages en cas de candidature de Pierre Nkurunziza par la communauté internationale – Union européenne, États-Unis, Union africaine et jusqu'au Conseil de sécurité de l'ONU – n'auront porté leurs fruits.

Plusieurs milliers de Burundais ont fui

Le camp du chef de l'État est même allé jusqu'à faire le ménage au sein du parti présidentiel, divisé, pour assurer son investiture à Pierre Nkurunziza, ex-chef rebelle durant la guerre civile et chrétien "born again". Quelque 130 hauts cadres "frondeurs", ouvertement opposés à ce troisième mandat, ont été évincés ces dernières semaines. Certains ont été emprisonnés, d'autres ont choisi la clandestinité, disant craindre "pour leur vie". Avant cela, Pierre Nkurunziza avait limogé de hauts responsables militaires, dont le chef des services de renseignement Godefroid Niyombare, qui l'avaient mis en garde contre des risques pour la sécurité du pays s'il se représentait.

Par ailleurs, les jeunes du parti au pouvoir, les Imbonerakure, accusés par l'ONU d'être une "milice" et de multiplier les intimidations et exactions à l'approche des élections, n'ont pas caché leur intention d'en découdre si l'on empêchait in fine leur champion, Pierre Nkurunziza, de se représenter. Plusieurs milliers de Burundais ont d'ailleurs déjà fui au Rwanda voisin, terrorisés par les menaces des jeunes du CNDD-FDD qui, disent-ils, traquent les opposants au président sortant.

De son côté, la communauté internationale a, par la voix d'un ambassadeur occidental en poste à Bujumbura, averti le président sortant que tout dérapage d'ici aux élections aurait "de graves conséquences" dans ses relations avec le gouvernement. Samedi, aucun représentant diplomatique occidental n’avait d’ailleurs fait le déplacement au congrès CNDD-FDD. Seuls les ambassadeurs de Russie et de plusieurs pays africains étaient présents.

Avec AFP

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