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Élections : les Togolais attendent les premiers résultats de la présidentielle à Lomé

Des membres de la commission électorale comptent les bulletins de vote dans une école de Lomé, le 25 avril.
Des membres de la commission électorale comptent les bulletins de vote dans une école de Lomé, le 25 avril. Issouf Sanogo, AFP

À peine plus de la moitié des électeurs togolais s'est rendue aux urnes samedi pour élire le président. Les premiers résultats étaient attendus. Faure Gnassingbé, l'actuel chef d'État dont la famille gouverne depuis 48 ans, est favori.

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Les Togolais ont voté pour élire leur président au cours d’un scrutin à un tour, samedi 25 avril. Au total, 3 509 258 électeurs étaient appelés aux urnes dans 8 994 bureaux de vote. Mais selon la Commission électorale nationale indépendante (Céni), le taux de participation a avoisiné les "53 à 55 %", une mobilisation a priori bien inférieure à celle de la présidentielle de 2010 (près de 65 %).

Pour l'instant, aucun résultat, même partiel, n'a été annoncé. Les résultats devaient être annoncés avant minuit (soit 2heures à Paris, lundi), rapportait Emmanuelle Sodji, envoyée spéciale de France 24 à Lomé. La commission électorale dispose de six jours pour communiquer les résultats officiels définitifs.

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"Les résultats officiels devraient être annoncés avant minuit"

Plus de 3,5 millions d’électeurs sont appelés aux urnes le 25 avril dans 8 994 bureaux de vote, entre 7 h et 17 h (GMT). Quelque 9 000 policiers et gendarmes sécuriseront les opérations. La Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), l'Union africaine (UA) et la société civile déploieront des milliers d'observateurs électoraux.

Cinq candidats sont en lice. Outre le sortant Faure Gnassingbé et son plus sérieux adversaire, Jean-Pierre Fabre, soutenu par le Combat pour l'alternance politique (CAP 2015), se présentent Tchabouré Gogué, pour l'Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI), Komandega Taama, du Nouvel engagement togolais (NET), et Mouhamed Tchassona-Traoré, président du Mouvement citoyen pour la démocratie et le développement (MCD).
 

Le Togo, petit pays francophone de sept millions d'habitants, choisira-t-il l'alternance ou reconduira-t-il le président sortant, porté au pouvoir par l'armée à la mort de son père en 2005, le général Gnassingbé Eyadema qui dirigea le pays d'une main de fer pendant 38 ans ?

En tout cas, la campagne électorale n'a guère passionné les Togolais. Nombre d'entre eux prédisent le maintien de ce qu'ils appellent "la dictature" depuis que la majorité présidentielle a rejeté, l'an dernier, des réformes électorales pourtant promises par Faure Gnassingbé : passer à deux tours pour la présidentielle et limiter à deux le nombre de mandats présidentiels.

"Risques de fraude réduits", selon l’opposant n°1

Jean-Pierre Fabre, le principal adversaire de Fabre Gnassingbé, a voté samedi dans le quartier populaire de Kodjoviakopé, à Lomé. Les traits tirés, il a affirmé avoir passé une grande partie de la nuit à négocier avec le pouvoir l'abandon du logiciel de compilation informatique des résultats, Succes, qui faisait l'objet de craintes de l'opposition depuis plusieurs semaines.

"Il y a toujours des problèmes au Togo quand il y a des élections. Ce n'est pas parce que le système Succes a été enterré qu'il n'y aura pas de problèmes (...) mais les risques de fraude sont réduits", a-t-il déclaré à la presse. Une première au Togo, où l'opposition a contesté les résultats de tous les récents scrutins. Si la présidentielle de 2010 a été jugée acceptable par la communauté internationale, celle de 2005 avait été entachée de fraudes massives et "remportée" par Faure Gnassingbé, provoquant des violences qui avaient fait 400 à 500 morts et des milliers de blessés, selon l'ONU.

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Jean-Pierre Fabre : "Il y a toujours des problèmes au Togo quand il y a des élections."

Jean-Pierre Fabre, qui avait obtenu 33,93 % des suffrages lors de la dernière présidentielle, contre 60,88 % pour Faure Gnassingbé, est soutenu cette année par une coalition de plusieurs partis d'opposition, le CAP 2015 (Combat pour l'alternance politique). Mais trois autres candidats d'opposition se présentaient, laissant craindre une dispersion des voix, et le deuxième parti de l'opposition, le Comité d'action pour le renouveau (CAR), a prôné le boycott du scrutin, divisant encore plus les anti-Gnassingbé.

Faure Gnassingbé, vêtu d'un pantalon gris et d'une veste bleue, et entouré d'une nuée de gardes du corps, a déposé son bulletin dans l'urne tôt samedi matin à l'école publique Général Eyadéma – tout un symbole – dans un des seuls quartiers pro-régime de la capitale, historiquement acquise à l'opposition. "Que le choix (des Togolais) se fasse dans la paix, c'est tout ce que nous souhaitons", a-t-il déclaré, après avoir salué "une campagne sans violence et apaisée".

"Tous les candidats se sont mis d’accord – après d’âpres négociations – pour la mise en place d’un comité d’accompagnement qui travaillera au côté de la commission électorale pour vérifier le résultat sur la base des procès verbaux", rapporte Emmanuelle Sodji, envoyée spéciale de France 24 à Lomé.

Avec AFP

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