YÉMEN

L'ex-président yéménite Ali Abdallah Saleh appelle les Houthis à se replier

L'influent ex-président yéménite Ali Abdallah Saleh (ARCHIVES).
L'influent ex-président yéménite Ali Abdallah Saleh (ARCHIVES). Muhammed Huwais, AFP

L'ex-président du Yémen, Ali Abdallah Saleh, a pressé vendredi ses alliés, les rebelles chiites houthis, d'appliquer la récente résolution du Conseil de sécurité de l'ONU afin d'obtenir l'arrêt des raids aériens arabes.

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Vendredi 24 avril, l’ancien homme fort du Yémen, l’ex-président Ali Abdallah Saleh a appelé ses alliés les rebelles chiites houthis à se retirer, comme l'exige l'ONU, des territoires conquis ces derniers mois, afin que cessent les raids de la coalition menée par Ryad et que des négociations puissent reprendre.

"J'appelle Ansarullah (les rebelles houthis, NDLR) à accepter et appliquer la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU pour pouvoir obtenir l'arrêt de l'agression des forces de la coalition" arabe, a dit Ali Abdallah Saleh selon un communiqué lu en son nom sur sa chaîne privée Yemen al-Yawm.

"Je les exhorte à se retirer de toutes les provinces, spécialement d'Aden", principale ville du sud du Yémen, a ajouté celui qui a quitté le pouvoir en 2012 dans la foulée du Printemps arabe.

Washington a également lancé un appel dans le même sens. "Nous avons besoin que les houthis et ceux qui ont de l'influence sur eux soient prêts à rejoindre la table des négociations", a déclaré le chef de la diplomatie américaine John Kerry en marge du Conseil de l'Arctique au Canada.

Bilan meurtrier

Le conflit a fait depuis le 19 mars 1 080 morts et 4 352 blessés (civils et militaires), selon un bilan global publié jeudi par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Les houthis, qui menacent de prendre le pouvoir dans l'ensemble de ce pays pauvre de la péninsule arabique, ont conquis en janvier la capitale Sanaa. Ils ont ensuite avancé vers le sud, atteignant Aden le 26 mars, jour du début d'une opération aérienne arabe conduite par l'Arabie saoudite, où s'est réfugié le président en exercice Abd Rabbo Mansour Hadi.

Les raids aériens se sont poursuivis vendredi, trois jours après l’annonce par Ryad de la fin de la phase intensive de ses frappes aériennes, dans la perspective d'une reprise du processus politique.

Des raids ont ciblé un camp militaire d'une unité favorable aux rebelles près de Taëz (sud-ouest) dans la nuit de jeudi à vendredi, selon des habitants.

Des positions rebelles ont été bombardées et des affrontements ont eu lieu notamment à Aden, dans la province de Marib (est), d'Abyane (sud) et d'Ibb (centre).

L'ex-président Saleh a aussi appelé à la reprise du dialogue inter-yéménite, prônant "la "réconciliation" dans son pays ruiné par la guerre.

L'ONU a désigné jeudi un nouveau médiateur, le diplomate mauritanien Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, dont la nomination deviendra effective lundi si aucun pays membre du Conseil de sécurité ne s'y oppose.

Les rebelles chiites ne veulent toutefois pas entendre parler de reprise des pourparlers tant que les raids aériens se poursuivent. Ali Abdallah Saleh a proposé dans ce contexte que toutes les provinces soient placées sous l'autorité "de l'armée et des forces de sécurité, sous le contrôle des autorités locales de chaque province".

Les houthis n'auraient jamais pu conquérir autant de territoire sans l'appui de nombreuses unités militaires restées fidèles à l'ex-président Saleh. Mais des fissures ont commencé à apparaître dans le camp de la rébellion dimanche, lorsque le commandement militaire de la plus vaste province du Yémen a annoncé son ralliement au président Hadi.

Tensions navales

Le conflit a attisé les tensions dans les eaux du Golfe, où des navires iraniens, soupçonnés par les États-Unis de transporter des armes à destination des insurgés, ont fait demi-tour vendredi au large du Yémen.

La république islamique d’Iran, accusée de soutenir militairement les rebelles chiites, assure ne leur fournir qu'une aide humanitaire.

Après le demi-tour du convoi iranien, deux navires américains, le porte-avions Theodore Roosevelt et le navire lance-missiles Normandy, se sont retirés des eaux au large du Yémen, ont indiqué des responsables américains. Les États-Unis les avaient rapprochés de la côte yéménite dans l'éventualité d'une confrontation avec le convoi naval iranien.

Sept autres navires militaires américains restent dans le golfe d'Aden et à proximité du Yémen.

À Téhéran, le chargé d'affaires saoudien a été convoqué vendredi soir au sujet d'avions humanitaires eux aussi contraints de rebrousser chemin selon les autorités iraniennes, face à la coalition arabe contrôlant l'espace aérien yéménite.

Avec AFP
 

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