DIPLOMATIE

Génocide arménien : le président israélien commémore le centenaire "d'un meurtre de masse"

Le président israélien Reuven écoutant le discours de l'archevêque arménien Aris Shirvanian, le 26 avril 2015.
Le président israélien Reuven écoutant le discours de l'archevêque arménien Aris Shirvanian, le 26 avril 2015. Gali Tibbon, AFP

Pour la première fois, un président israélien a marqué, avec les leaders de la communauté arménienne, le centenaire du génocide dont ce peuple a été victime en 1915. Une tuerie que le chef d'État a cependant choisi de qualifier de meurtre de masse.

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La reconnaissance du génocide des Arméniens par l’État hébreu reste une question sensible pour les dirigeants israéliens. Dimanche 26 avril, le président Reuven Rivlin a rencontré les leaders de la communauté arménienne israélienne lors d’une cérémonie marquant officiellement le centenaire du génocide de 1915, programmé par les autorités ottomanes. Sans pour autant utiliser le terme de génocide, récusé par la Turquie officielle, mais employé par de nombreux pays, dont la France.

"Pour la première fois, un président israélien a marqué le massacre de masse du peuple arménien avec la communauté arménienne d'Israël", affirme un communiqué de la présidence. "Le peuple arménien a été la première victime moderne de meurtre de masse", a déclaré, toujours selon le texte, Reuven Rivlin.

Toujours est-il que le consul honoraire d'Arménie en Israël, Tsolag Momjian, s'est félicité que pour la première fois des représentants officiels de l'État d'Israël aient participé aux cérémonies. Deux députés israéliens ont effectué le voyage en Arménie pour les commémorations marquant le 100e anniversaire du génocide.

Mais de son côté, le représentant du patriarcat arménien en Israël, Aris Shirvanian, a déploré qu'Israël ne qualifie pas le meurtre de masse du peuple arménien de "génocide". L'Arménie et l’importante diaspora arménienne luttent depuis des décennies pour que ces massacres qui ont fait 1,5 million de morts soient reconnus comme ayant constitué un génocide.

Pour Israël, à l'instar des États-Unis, il s’agit de préserver des relations diplomatiques déjà tendues avec la Turquie. Ankara était l’un des proches alliés de l’État hébreu dans le monde musulman, avant que la situation ne se dégrade en 2010 avec la prise d’assaut par l’armée israélienne d’un navire turc, le Mavi Marmara.

Les tentatives lancées ces dernières années par des députés israéliens pour faire reconnaître le caractère génocidaire des massacres perpétrés par les Turcs envers les Arméniens ont échoué. En 2011, puis une nouvelle fois en 2013, Zahava Gal-On du parti israélien de gauche Meretz, notamment, avait poussé la Knesset à examiner une reconnaissance du génocide, sans résultat. Malgré les appels persistants de ces députés, et une pétition signée par des artistes et intellectuels israéliens, l’État hébreu n'a pas changé de position.

Avec AFP

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