CINÉMA

Salma Hayek retrouve son Liban d’origine pour lancer son film, "Le Prophète"

Salma Hayek a visité le musée Khalil Gibran lors de sa visite et en a profité pour rencontrer des réfugiés syriens.
Salma Hayek a visité le musée Khalil Gibran lors de sa visite et en a profité pour rencontrer des réfugiés syriens. Joseph Eid, AFP

L’actrice et réalisatrice Salma Hayek a présenté lundi au Liban la première de son film d’animation "Le Prophète", adaptation de l’œuvre de Khalil Gibran. Un "film personnel" pour la star.

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C’est une "lettre d'amour à mon héritage", a dit l’actrice et réalisatrice libano-mexicaine, Salma Hayek, lors d’une conférence de presse lundi 27 avril à Beyrouth. La star s’est rendue dans le pays de ses ancêtres pour la première mondiale du "Prophète", film d’animation réalisé à partir de l’œuvre du philosophe libanais Khalil Gibran.

À travers ce film, "je voudrais dire au monde qu'il y a eu un écrivain arabe qui a écrit de la philosophie et de la poésie, qui a rassemblé les religions et le monde entier, et a vendu plus de 100 millions de copies sur plusieurs générations", a indiqué Salma Hayek, au Liban depuis vendredi.

Recueil de poèmes en prose écrit en anglais, publié en 1923 et traduit en plus de 40 langues, "Le Prophète" est l'histoire d'Almoustapha (l'élu, en arabe) qui, avant de revenir dans son pays natal, parle aux habitants de la ville imaginaire d'Orphalese. Il évoque différents aspects de la vie - le mariage, le travail, l'amitié, ou la mort - avec des citations devenues légendaires comme "Vos enfants ne sont pas vos enfants [...] ils viennent à travers vous et non de vous" ou encore "Quand l'amour vous fait signe, suivez le, Bien que ses voies soient dures et rudes".

L'actrice et réalisatrice mexicaine, qui a co-produit le film, a concrétisé son "ancien rêve", se trouver dans le pays de Gibran, le plus connu des écrivains du Liban, et dont le livre "Le Prophète" serait le plus lu après la Bible - il en est à sa 163e édition.

"J’ai découvert mon grand-père à travers ce livre"

Pour Salma Hayek, il s'agit "film personnel" car son grand-père libanais "adorait ce livre". "J'étais très jeune quand il est mort et j'ai découvert mon grand-père à travers ce livre [...] qui m'a enseigné la vie", a-t-elle déclaré.

Dans un entretien au quotidien francophone libanais "L’Orient Le Jour", la star ajoute : "À ma manière, je me reconnecte avec lui, puisqu'il n'est plus là, et j'applique les préceptes qu'il m'a enseignés."

En hommage à l'écrivain, mort de tuberculose à l'âge de 48 ans en 1931, Salma Hayek a visité, dimanche 26 avril, le musée Gibran, dans son village natal de Bécharré (nord) où il est enterré.

Profondément inspiré par le poète anglais William Blake, Gibran était également artiste et avait étudié l'art à Paris avec Rodin.

Auteur d'autres chefs-d'oeuvre comme "Les ailes brisées" et "Les esprits révoltés", l'écrivain était considéré comme un rebelle critique de l'autoritarisme aussi bien politique que religieux, au temps où son Mont-Liban natal faisait partie de l'Empire ottoman.

Dans le film, le Prophète est emprisonné car ses poèmes sont considérés comme un "appel à la rébellion". "Mes mots sont mes ailes", déclare alors le personnage.

Salma Hayek a profité de sa visite pour se rendre auprès d'enfants syriens réfugiés au Liban, qui abrite 1,4 million de réfugiés (selon le HCR en janvier 2015) de la Syrie voisine en guerre, pour soutenir une campagne de collecte de fonds lancée par l'Unicef.

Avec AFP

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